Construite sur une parcelle urbaine de seulement 101 m² et d’environ 5 mètres de largeur, cette maison en bois de 155 m² développe l’essentiel de son programme dans la hauteur.
Son organisation ne reproduit pas le schéma courant d’une maison dont les principales pièces de vie occupent le rez-de-chaussée. Une pièce polyvalente s’ouvre directement sur la terrasse et le jardin ; les chambres occupent l’étage suivant ; le séjour et la cuisine prennent place plus haut sur un plateau largement ouvert. Au dernier niveau, une chambre-mezzanine borde un vide qui prolonge le séjour dans la hauteur.
La parcelle présente parallèlement une particularité invisible depuis la surface : le secteur est concerné par d’anciennes carrières de calcaire remblayées. Cette donnée a conduit à étudier avec l’ingénieur structure une solution associant sous-sol, radier en béton armé et construction légère en ossature bois.
Le bois appartient donc ici à plusieurs dimensions du projet : structure, poids de la construction, matérialité des façades et expression architecturale.
Sur une parcelle urbaine très étroite, architecture et système constructif participent ainsi à une même réponse.
Le terrain paraît d’abord imposer une contrainte simple : il est petit et surtout très étroit.
Avec 101 m² de parcelle et environ 5 mètres de largeur, il n’est pas possible de développer largement le programme au niveau du sol tout en conservant un véritable espace extérieur.
La maison se construit donc dans la hauteur.
Mais cette verticalité ne consiste pas à empiler des étages identiques.
Au niveau du jardin, une pièce peut changer d’usage au cours de la journée. Plus haut se trouvent les chambres. Le séjour et la cuisine occupent ensuite pratiquement tout un niveau, avant que la maison ne s’ouvre encore verticalement par une mezzanine et un vide.
Sous cette organisation visible existe une autre contrainte.
Le terrain se situe dans un secteur d’anciennes carrières remblayées. La question du poids de la construction et de sa relation avec le sol intervient alors dans la définition du système constructif.
Le projet peut ainsi être lu à partir de plusieurs relations :
parcelle étroite + programme de 155 m²
→ développement vertical
faible emprise
→ usages différenciés entre les niveaux
besoin de préserver un jardin
→ concentration de la construction
recherche d’amplitude
→ plateau ouvert + vide + mezzanine
anciennes carrières remblayées
→ question des charges et des fondations
recherche d’une construction légère
→ ossature bois
ossature bois + bardage bois
→ continuité entre construction et expression architecturale.
La maison résulte ainsi autant de ce qu’il fallait organiser au-dessus du terrain que de ce qu’il fallait résoudre sous la construction.
La surface de la parcelle ne raconte qu’une partie de la difficulté.
Sa largeur d’environ 5 mètres limite fortement le développement horizontal de la maison.
Le projet doit pourtant accueillir 155 m² tout en conservant un espace extérieur.
La réponse consiste à concentrer l’emprise et à répartir le programme dans la hauteur.
Les plans après modifications indiquent une emprise d’environ 45,50 m², tandis qu’environ 34,60 m² restent en espaces verts de pleine terre. Une terrasse en bois assure la transition entre la construction et le jardin.
La relation est donc :
parcelle de 101 m²
largeur d’environ 5 m
programme de 155 m²
jardin à conserver
→ emprise compacte
→ développement vertical.
Cette organisation ne doit pas être interprétée comme une règle générale selon laquelle une petite parcelle produirait nécessairement une maison à étage.
Elle correspond ici au rapport précis entre programme, largeur disponible, emprise et espace extérieur recherché.
La compacité permet de concentrer la construction pour laisser subsister une véritable partie non bâtie du terrain.
→ Terrain et type de maison : du cadre réglementaire aux possibilités architecturales
Le rez-de-chaussée concentre l’emprise de la maison afin de préserver une partie non bâtie de la parcelle.
La verticalité devient le principe général de distribution de la maison.
Les niveaux ne reproduisent pourtant pas la même organisation.
Au rez-de-chaussée, directement en relation avec le jardin, prend place une pièce polyvalente.
L’étage suivant accueille les chambres.
Plus haut, le séjour et la cuisine occupent pratiquement tout un plateau.
Enfin, au dernier niveau, une chambre-mezzanine borde un vide ouvert sur le séjour.
La maison se lit donc verticalement :
niveau du jardin
→ espace polyvalent
niveau suivant
→ chambres
niveau supérieur
→ séjour + cuisine
dernier niveau
→ chambre-mezzanine + vide
et sous cet ensemble :
sous-sol
→ relation constructive avec le terrain.
La hauteur ne sert donc pas uniquement à obtenir davantage de surface.
Elle permet d’attribuer aux différents niveaux des situations et des usages distincts.
La maison transforme une largeur très contrainte en succession verticale de lieux qui ne sont ni organisés ni habités de la même manière.
Le sous-sol constitue le niveau enterré à partir duquel se développe l’organisation verticale de la maison.
Le rez-de-chaussée n’est pas occupé par le séjour principal.
Il accueille une pièce directement ouverte sur une terrasse en bois et sur le jardin.
Sa particularité vient de sa capacité à changer d’usage.
Elle peut devenir bureau, lieu de rendez-vous, salle à manger d’été ou salle de sport.
Elle permet également de recevoir certaines personnes sans leur faire traverser les espaces familiaux installés aux étages.
Un lit intégré au dessin de la pièce permet enfin de la transformer ponctuellement en chambre d’amis.
Sur une maison construite dans une emprise réduite, cette polyvalence possède une importance particulière.
Plutôt que d’attribuer une pièce entière à chaque fonction occasionnelle, un même espace peut répondre successivement à plusieurs usages.
Sa relation directe avec le jardin renforce encore cette autonomie.
La petite parcelle ne conduit donc pas seulement à construire dans la hauteur : elle incite aussi à demander davantage à certains espaces.
L’étage 1 accueille les chambres dans la succession verticale des usages.
Le séjour principal n’est pas installé au niveau du jardin.
Il prend place plus haut, à l’étage 2.
Séjour et cuisine y occupent pratiquement tout le plateau.
Dans une maison aussi étroite, cette disposition permet de préserver un grand espace commun plutôt que de fragmenter le niveau par une multiplication de petites pièces et de circulations.
Le rapport habituel :
jardin
→ séjour principal
est donc remplacé par une organisation plus complexe.
Le jardin reste directement associé à la pièce polyvalente du rez-de-chaussée, tandis que la vie familiale principale trouve son amplitude plus haut.
La hauteur devient ici une manière de hiérarchiser les usages :
niveau du jardin
→ usages multiples + relation directe avec l’extérieur
puis :
niveau du séjour
→ espace familial principal largement ouvert.
La maison ne cherche donc pas à reproduire dans la hauteur l’organisation d’une maison plus large : elle invente une distribution adaptée à sa propre géométrie.
Séjour et cuisine occupent pratiquement tout le plateau afin de préserver un grand espace de vie continu.
Sur une petite parcelle, chaque mètre carré pourrait sembler devoir être utilisé.
Le dernier niveau montre pourtant que la recherche de surface n’est pas l’unique objectif du projet.
Une partie du plancher n’est pas construite.
Elle laisse place à un vide sur le séjour.
La chambre-mezzanine du dernier étage conserve ainsi une relation avec le volume situé en dessous.
Fermer complètement ce plancher aurait permis de récupérer davantage de surface.
Le projet privilégie autre chose :
surface potentielle de plancher non construite
→ vide
puis :
vide
→ hauteur supplémentaire du séjour
relation visuelle entre les niveaux
perception plus ample du volume.
Ce choix est particulièrement significatif dans une maison où la surface disponible est précieuse.
L’architecture accepte ici de perdre de la surface mesurable pour gagner une qualité spatiale qui ne se mesure pas en mètres carrés.
Au dernier niveau, la chambre-mezzanine borde le vide laissé au-dessus du séjour.
Dans une maison d’environ cinq mètres de largeur, la position des ouvertures doit être mise en relation avec la succession verticale des espaces.
À l’arrière, la façade est orientée sud-ouest.
Cette orientation permet d’apporter de la lumière aux espaces qui se succèdent côté jardin, tout en devant composer avec le contexte urbain et les vis-à-vis.
Les ouvertures correspondent donc aux situations particulières des différents niveaux.
La pièce basse rejoint directement la terrasse et le jardin.
Plus haut, les baies accompagnent les espaces de vie.
Au dernier niveau, une fenêtre de toit intégrée au brisis en zinc complète l’éclairage.
La lumière n’est ainsi pas obtenue en développant horizontalement une succession de pièces face au jardin.
Elle entre dans une maison étroite à plusieurs altitudes et accompagne son organisation verticale.
La forme extérieure rend immédiatement perceptible l’organisation générale de la maison.
Le volume est étroit et développé dans la hauteur.
Le bardage bois donne une matérialité continue aux façades tandis que les ouvertures marquent la succession des niveaux.
Cette verticalité n’est pas un geste formel indépendant de l’organisation intérieure.
Elle résulte du rapport entre faible largeur de parcelle, programme important, emprise concentrée et distribution verticale des usages.
Le bois intervient parallèlement dans la construction elle-même.
La maison est réalisée en ossature bois.
Le même matériau appartient donc à deux dimensions différentes du projet :
ossature bois
→ système structurel léger
et :
bardage bois
→ matérialité + expression extérieure.
Il faut néanmoins conserver cette distinction.
Le bardage n’est pas la structure et l’ossature n’est pas choisie uniquement pour produire une apparence de maison en bois.
Structure, enveloppe et expression architecturale se rencontrent ici sans se confondre.
Le bardage bois accompagne la lecture continue d’un volume étroit développé dans la hauteur.
La petite taille de la parcelle n’est pas sa seule particularité.
Sous la maison se trouve une donnée beaucoup moins visible : le secteur est concerné par d’anciennes carrières de calcaire remblayées.
Les documents anciens du projet font état d’environ 10 mètres de remblais et indiquent qu’une solution de fondations par micropieux avait initialement été envisagée ou demandée.
Son incidence économique était importante à l’échelle du projet.
Une autre réponse a donc été étudiée avec l’ingénieur structure.
À partir de ce moment, le poids de la maison devient une donnée essentielle.
La relation n’est plus simplement :
terrain avec anciennes carrières
→ fondations particulières.
Elle devient :
caractéristiques du terrain
charges de la future construction
→ étude d’une solution de fondation adaptée.
La légèreté de l’ossature bois prend alors une importance particulière.
Le choix constructif n’est donc plus indépendant du terrain sur lequel la maison doit prendre appui.
Une caractéristique invisible du sous-sol intervient directement dans la manière dont la construction située au-dessus est pensée.
La solution décrite dans les documents du projet associe une construction légère en ossature bois, un sous-sol et un radier en béton armé.
Ces éléments ne doivent pas être considérés indépendamment.
L’ossature bois réduit le poids de la construction située au-dessus.
Le sous-sol constitue la partie enterrée du projet.
Le radier forme un ouvrage en béton armé situé à la base de la construction.
La logique générale est donc :
caractéristiques particulières du terrain
charges de la maison
→ étude structurelle
puis :
construction légère + organisation du sous-sol + radier
→ solution étudiée pour cette réalisation.
Cette solution ne constitue évidemment pas une réponse générale aux terrains concernés par d’anciennes carrières.
Le principe de fondation d’une maison dépend des caractéristiques du sol, des charges de la construction et des études géotechniques et structurelles propres au projet. Le corpus Construction & Maison établit précisément cette distinction.
Il faut donc conserver une distinction essentielle :
solution effectivement retenue pour cette maison
≠ solution transposable automatiquement à un autre terrain.
Le radier ne constitue pas, par principe, « la » solution pour construire au-dessus d’anciennes carrières remblayées.
Il appartient ici à une réponse définie en relation avec le terrain, les charges de la construction et les études réalisées pour ce projet.
La solution structurelle résulte ainsi de la mise en relation entre ce qui se trouve sous la maison et ce que la construction située au-dessus lui transmet.
Dans cette réalisation, le bois appartient à la fois au système constructif et à l’expression extérieure.
ossature bois
→ structure de la maison
bardage bois
→ enveloppe + matérialité des façades.
Ces deux fonctions doivent être distinguées.
Le bardage n’est pas la structure et l’ossature n’est pas choisie uniquement pour donner à la maison une apparence particulière.
La légèreté de la construction a déjà été mise en relation avec les caractéristiques du terrain et la solution structurelle retenue.
Ici, l’enjeu est différent : montrer comment un même matériau peut participer à plusieurs dimensions du projet sans que celles-ci se confondent.
Le bois appartient ainsi à la réalité constructive de la maison autant qu’à son expression architecturale.
Le recours au bois constitue une caractéristique importante de cette réalisation.
Il ne suffit cependant pas, à lui seul, à caractériser la performance environnementale de la maison.
L’ossature bois appartient au système constructif ; le bardage appartient à l’enveloppe et à son expression extérieure.
La performance réelle dépend parallèlement de l’ensemble de la construction : isolation, continuité de l’enveloppe, menuiseries, ventilation, équipements et qualité de mise en œuvre.
La compacité et l’organisation des ouvertures appartiennent quant à elles aux choix architecturaux du projet.
Une maison n’est donc pas performante parce qu’elle est « en bois » : matériau, architecture, enveloppe, équipements et réalisation doivent être considérés ensemble.
La petite taille du terrain ne suffit pas à expliquer l’économie de cette maison.
Plusieurs caractéristiques du projet correspondent en revanche à des ouvrages ou à des conditions constructives précises.
L’organisation verticale correspond ici à plusieurs niveaux, à leurs planchers et aux circulations qui les relient.
Le sous-sol ajoute des terrassements et des ouvrages enterrés.
La présence d’anciennes carrières remblayées conduit ici à étudier spécifiquement les fondations et les charges de la construction.
Une solution par micropieux avait initialement été envisagée ou demandée ; la solution finalement étudiée associe une construction légère en ossature bois, le sous-sol et un radier en béton armé.
Le raisonnement économique ne doit donc pas devenir :
terrain sur anciennes carrières
→ surcoût forfaitaire
ni :
ossature bois
→ économie automatique.
Il doit rester attaché aux ouvrages réellement nécessaires :
données du terrain + caractéristiques de la construction
→ solution technique étudiée
solution retenue
→ ouvrages à réaliser
ouvrages + quantités + caractéristiques + conditions de réalisation
→ incidence financière.
Cette réalisation montre ainsi comment une donnée du terrain peut conduire à étudier plusieurs solutions avant que leurs conséquences constructives et économiques puissent être réellement appréciées.
Le coût appartient aux ouvrages nécessaires à la solution retenue, pas à une étiquette générale comme « terrain difficile » ou « maison en bois ».
→ Ce qui fait varier le coût de construction d’une maison
→ Points de vigilance budgétaire pour une maison avec architecte
Cette maison pourrait être racontée uniquement par ses contraintes : 101 m² de terrain, environ 5 mètres de largeur, environnement urbain dense et anciennes carrières sous la parcelle.
Ce n’est pourtant pas ce que l’on habite.
Au rez-de-chaussée, une pièce directement reliée au jardin peut devenir bureau, lieu de rendez-vous, salle de sport, salle à manger d’été ou chambre d’amis.
Les chambres occupent le niveau suivant.
Plus haut, séjour et cuisine disposent presque entièrement d’un plateau commun, à distance du niveau de la rue.
Au dernier étage, la chambre-mezzanine borde le vide et prolonge le séjour dans la hauteur.
La maison ne cherche donc pas à reproduire sur plusieurs étages une succession de petits plans identiques.
Chaque niveau possède une situation propre et la coupe organise progressivement les usages.
Le terrain conserve parallèlement un jardin à l’arrière grâce à la concentration de l’emprise construite.
Enfin, le système constructif répond à une autre réalité du site : la légèreté de l’ossature bois participe à la solution étudiée avec le sous-sol et le radier pour construire au-dessus des anciennes carrières remblayées.
La maison réunit ainsi deux logiques qui ne doivent pas être confondues : la petite parcelle produit principalement son organisation compacte et verticale ; les caractéristiques du sous-sol interviennent dans la manière dont cette architecture peut être matériellement construite.
C’est leur mise en relation qui donne au projet sa cohérence.
Une petite parcelle peut conduire à organiser la maison dans la hauteur.
Sur 101 m² de terrain et environ 5 mètres de largeur, la concentration de l’emprise permet ici de développer le programme sur plusieurs niveaux tout en conservant un jardin.
La verticalité ne signifie pas répéter le même plan à chaque étage.
Pièce polyvalente au jardin, chambres, grand niveau de vie puis chambre-mezzanine donnent à chaque hauteur une fonction et une situation différentes.
Un espace polyvalent peut répondre à plusieurs usages sans augmenter le programme.
La pièce du rez-de-chaussée peut évoluer entre travail, réception, sport, repas d’été et hébergement occasionnel.
Quelques mètres carrés de plancher peuvent être volontairement abandonnés au profit du volume.
Au dernier niveau, le vide sur séjour préserve une relation verticale et donne davantage d’amplitude à l’espace de vie.
Le matériau peut participer simultanément à la construction et à l’expression architecturale.
L’ossature bois constitue la structure légère tandis que le bardage donne sa matérialité au volume extérieur.
Une solution de fondation répond à un terrain et à une construction particuliers.
Le radier, le sous-sol et la légèreté de l’ossature appartiennent ici à une solution étudiée pour cette maison au-dessus d’anciennes carrières remblayées ; ils ne constituent pas une recette transposable à un autre terrain.
Comprendre comment répartition des usages, polyvalence, parcours, niveaux, vide et relations avec l’extérieur transforment l’organisation d’une maison en manière d’habiter.
Comprendre comment largeur de parcelle, emprise disponible, programme, accès, orientation et voisinage peuvent orienter une maison vers une organisation plus compacte ou plus verticale.
→ Terrain et type de maison : du cadre réglementaire aux possibilités architecturales
Comprendre comment caractéristiques du terrain, charges de la construction, fondations et système porteur sont mis en relation par les études techniques nécessaires au projet.
Comprendre pourquoi matériau, isolation, enveloppe, ouvertures, équipements et qualité de mise en œuvre doivent être considérés ensemble pour apprécier la performance réelle d’une maison.
Sur une autre petite parcelle urbaine, des contraintes proches de largeur et d’emprise conduisent à une réponse architecturale différente.
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