Architecture, site et environnement
Concevoir une maison avec son site consiste à intégrer dès l’architecture orientation, soleil, climat, topographie, vues, végétation, voisinage et caractéristiques de la parcelle.
Ces données peuvent modifier l’implantation de la maison, ses niveaux, ses volumes, la position de ses ouvertures, ses protections solaires et ses relations avec le jardin ou le paysage.
La conception environnementale commence ainsi avant le choix des équipements : elle cherche d’abord à utiliser les ressources du site, à se protéger de certaines de ses contraintes et à réduire les besoins par les décisions architecturales elles-mêmes.
Un terrain n’est pas seulement une surface disponible pour construire.
Il possède une orientation, une topographie, des accès, des vues, une végétation, un voisinage et des conditions climatiques particulières.
Ces caractéristiques ne déterminent pas automatiquement l’architecture de la maison. Une orientation au sud n’impose pas une façade entièrement vitrée. Une pente n’impose pas une seule organisation des niveaux. Une belle vue ne signifie pas nécessairement que toute la maison doit être tournée dans sa direction.
Le projet doit mettre ces données en relation avec le programme, les usages, les règles d’urbanisme et les autres conditions de l’opération.
Concevoir avec le site consiste donc moins à appliquer des recettes qu’à comprendre ce que le lieu permet, ce dont la maison doit se protéger et quelles relations peuvent être construites entre architecture et environnement.
1 — L’orientation et le soleil
1.1 — Concevoir avec le site plutôt que poser une maison sur un terrain
Une maison conçue indépendamment de son terrain devrait être adaptée après coup à l’endroit où elle est construite.
La démarche architecturale procède autrement.
La géométrie de la parcelle, la pente, la position de la rue, les orientations, les vues, le voisinage et la végétation sont considérés dès la conception.
Ces caractéristiques peuvent intervenir simultanément dans plusieurs décisions.
La topographie peut modifier les niveaux. Une orientation intéressante peut influencer la position des espaces de vie. Un voisinage proche peut conduire à protéger certaines façades. Une vue peut déterminer la direction d’une ouverture ou d’une terrasse.
Le site n’est donc ni un simple support ni une collection de contraintes.
Il constitue une situation particulière à laquelle l’architecture doit répondre.
1.2 — Du terrain possible au site habité
Le terrain intervient à plusieurs moments du projet, mais il n’est pas étudié chaque fois pour la même raison.
En amont, le parcours Architecte & Maison analyse sa géométrie, sa topographie, ses accès, son orientation et son voisinage afin de comprendre les grandes configurations de maison envisageables.
Ici, la question change.
Il ne s’agit plus seulement de savoir quelle organisation peut prendre place sur le terrain, mais comment les caractéristiques du site peuvent devenir des qualités architecturales.
Où rechercher la lumière ? Dans quelle direction ouvrir un séjour ? Quelle partie du jardin préserver ? Comment accompagner une pente ? Quelles vues rendre présentes depuis l’intérieur ? Où faut-il au contraire se protéger ?
Le terrain devient véritablement un site lorsqu’il est considéré dans les relations que la maison pourra construire avec lui.
1.3 — L’orientation ne se réduit pas à « mettre la maison au sud »
L’orientation constitue une donnée importante, mais elle ne peut pas être considérée isolément.
Le sud peut présenter un intérêt pour certains apports solaires et pour la lumière. Pourtant, la parcelle peut offrir une vue importante dans une autre direction. Une construction voisine peut créer un vis-à-vis. La position de la rue peut imposer certaines relations d’accès. La géométrie du terrain peut également limiter les possibilités d’implantation.
La conception doit donc croiser plusieurs données.
Une maison peut privilégier le sud pour certains espaces et rechercher l’ouest ou l’est pour d’autres. Certaines façades peuvent être largement ouvertes tandis que d’autres restent volontairement plus protégées.
Dans Maison sur terrain d’angle, par exemple, la configuration de la parcelle permet de développer les principales relations de la maison vers le sud et l’ouest. Ces deux orientations participent à des vues et à des lumières différentes au cours de la journée.
Une bonne orientation n’est donc pas une direction théorique : c’est une orientation pertinente pour un espace, un usage et une situation donnés.
1.4 — Le soleil est à la fois une ressource et une contrainte
Le soleil peut apporter de la lumière et contribuer aux apports thermiques de la maison.
Mais ses effets ne sont ni constants ni toujours souhaitables.
Ils varient avec l’orientation, la saison, l’heure de la journée, la position des ouvertures et l’environnement immédiat.
Une ouverture qui bénéficie d’apports intéressants à certaines périodes peut également provoquer une exposition excessive lorsqu’elle reçoit directement le soleil en été.
La conception doit donc travailler simultanément avec deux objectifs : profiter de certains apports et maîtriser ceux qui peuvent devenir inconfortables.
Orientation, dimensions des ouvertures, retraits, avancées, débords, auvents ou autres protections peuvent participer à cette relation.
La question n’est pas de rechercher le maximum de soleil.
Elle est d’organiser sa présence en fonction des espaces, des orientations et des périodes de l’année.
2 — Le confort d’été et la lumière
2.1 — La course du soleil fait évoluer la maison dans la journée
Une orientation n’est pas seulement un point cardinal inscrit sur un plan.
Elle correspond à une relation avec une lumière qui se déplace.
Le matin, l’est reçoit une lumière différente de celle de l’ouest en fin de journée. Le sud possède encore une autre relation à la course solaire.
La position des ouvertures peut donc faire varier les ambiances d’un espace selon les heures.
Cette variation devient particulièrement perceptible lorsqu’une maison bénéficie de plusieurs orientations.
Dans Maison sur terrain d’angle, les orientations principales vers le sud et l’ouest permettent précisément à la lumière d’évoluer dans les espaces au cours de la journée.
La relation aux niveaux et aux jardins transforme aussi la manière d’habiter la maison. Habiter une architecture
Ici, le principe appartient au site : la course du soleil constitue une donnée temporelle avec laquelle l’architecture peut être conçue.
2.2 — Anticiper le confort d’été dès l’architecture
Le confort d’été ne commence pas avec le choix d’un système de rafraîchissement.
Certaines décisions prises beaucoup plus tôt peuvent contribuer à limiter l’exposition de la maison aux fortes chaleurs.
Orientation des ouvertures, possibilité de créer de l’ombre, organisation permettant certaines ventilations naturelles et relation avec la végétation appartiennent à cette première stratégie.
Une grande baie peut être intéressante pour la lumière, les vues et la relation avec le jardin. Son exposition solaire doit néanmoins être prise en compte.
Dans Maison traversée par la lumière, les grandes surfaces vitrées sont ainsi accompagnées de protections solaires ; la page projet prend soin de ne pas en déduire à elle seule une performance énergétique globale.
C’est une distinction essentielle.
L’architecture peut réduire certains besoins et améliorer les conditions de confort ; la performance réelle dépend ensuite aussi de l’enveloppe, des vitrages, des équipements et de leur mise en œuvre.
→ Conception bioclimatique : soleil, lumière naturelle et confort d’été
2.3 — Protéger les ouvertures en fonction de leur exposition
Toutes les ouvertures ne reçoivent pas le soleil de la même manière.
Leur orientation, leur position dans la façade, leur hauteur et leur environnement modifient leur exposition.
La protection solaire doit donc être pensée avec l’ouverture qu’elle accompagne.
Selon la situation du projet, une avancée de volume, un retrait, un débord, un auvent, un dispositif de protection ou la végétation peuvent contribuer à créer de l’ombre.
Ces éléments peuvent simultanément participer à l’architecture.
Un retrait peut protéger une baie tout en créant un seuil. Une avancée d’étage peut ombrager une partie de la façade tout en participant à la volumétrie.
La protection solaire devient alors une composante du projet plutôt qu’un correctif ajouté après le dessin des façades.
2.4 — Utiliser la lumière naturelle sans multiplier les surfaces vitrées
Une maison lumineuse n’est pas nécessairement une maison entièrement vitrée.
La quantité et la qualité de lumière dépendent de l’orientation, de l’environnement extérieur, de la profondeur des espaces et surtout de la position des ouvertures.
Une baie largement dimensionnée peut être pertinente lorsqu’elle accompagne un grand volume ou une relation importante avec le jardin.
Dans une autre situation, une ouverture plus limitée mais précisément placée peut apporter la lumière nécessaire tout en cadrant une vue et en préservant l’intimité.
D’autres dispositifs peuvent encore permettre à la lumière d’atteindre des parties plus profondes du plan.
La conception cherche donc moins à maximiser la surface vitrée qu’à organiser la lumière disponible en fonction de chaque espace.
La perception de cette lumière depuis l’intérieur appartient ensuite au territoire de Habiter une architecture.
3 — Les vues, le voisinage et le relief
3.1 — Les vues sont une donnée du site, pas une obligation d’ouvrir partout
Une vue intéressante peut orienter fortement un projet.
Elle peut déterminer la position d’un espace, la direction d’une ouverture, la création d’une terrasse ou la manière dont un parcours se termine.
Mais rechercher une vue ne signifie pas nécessairement ouvrir toute une façade.
Le projet peut choisir de cadrer précisément ce qui mérite d’être rendu présent depuis l’intérieur.
Il doit également mettre cette vue en relation avec les autres données : orientation solaire, voisinage, intimité, topographie et organisation des espaces.
Une direction intéressante pour le paysage peut ainsi être moins favorable pour le soleil, tandis qu’une autre façade bénéficie d’une meilleure orientation mais rencontre un vis-à-vis.
L’architecture arbitre entre ces données afin que la vue devienne une relation construite avec le site plutôt qu’une ouverture automatique vers l’extérieur.
3.2 — Le voisinage fait partie du site
Le contexte d’une maison ne s’arrête pas aux limites cadastrales de sa parcelle.
Constructions voisines, murs, rues, jardins, hauteurs bâties et vis-à-vis participent à la situation dans laquelle elle prend place.
Une façade peut donner sur un jardin dégagé tandis qu’une autre se trouve proche d’une construction voisine.
Le projet peut alors rechercher des comportements différents selon les directions : s’ouvrir largement d’un côté, cadrer davantage les vues ailleurs ou limiter certaines ouvertures.
Cette différence peut également modifier l’implantation et l’organisation des espaces.
Sur une parcelle urbaine dense, protéger l’intimité et rechercher la lumière ne constituent donc pas deux questions séparées.
La conception doit déterminer où la maison peut s’ouvrir, où elle doit se protéger et comment elle peut maintenir des relations intéressantes avec l’extérieur malgré la proximité du bâti.
3.3 — Ouvrir et se protéger sont deux parties du même projet
Une maison n’a pas besoin d’adopter le même degré d’ouverture sur toutes ses façades.
Certaines directions peuvent accueillir les principales relations avec le jardin, la lumière ou le paysage.
D’autres peuvent demander davantage de protection en raison d’une rue, d’un voisinage proche ou d’une exposition particulière.
Cette dissymétrie peut devenir une caractéristique architecturale.
La maison n’est plus pensée comme un objet dont toutes les faces répondraient au même principe. Chaque façade entretient une relation particulière avec ce qui se trouve devant elle.
S’ouvrir au site suppose donc aussi de savoir sélectionner les directions dans lesquelles cette ouverture est réellement pertinente.
3.4 — La topographie transforme la relation entre maison et terrain
Sur un terrain horizontal, les relations entre niveau intérieur et jardin peuvent être relativement directes.
Une pente introduit d’autres possibilités.
Différentes parties de la maison peuvent rencontrer le terrain à des altitudes différentes. Un niveau peut rejoindre directement le jardin d’un côté et se retrouver au-dessus du sol de l’autre. Une partie peut être enterrée ou semi-enterrée.
Le projet peut chercher à accompagner ces différences plutôt qu’à considérer systématiquement la pente comme une anomalie à supprimer.
Les réalisations montrent plusieurs maisons dans lesquelles la topographie devient ainsi déterminante dans la coupe et l’organisation des niveaux.
Concevoir avec une pente consiste à construire une relation entre les niveaux de la maison et ceux du terrain.
La relation au terrain a aussi des conséquences sur les terrassements, les fondations, les soutènements et les ouvrages enterrés. Fondations et structure
3.5 — Une pente peut créer plusieurs relations avec le jardin
Une maison développée dans une pente ne possède pas nécessairement un unique rez-de-chaussée en relation avec l’extérieur.
Selon l’organisation du projet, plusieurs niveaux peuvent rejoindre le terrain.
Un espace de vie peut s’ouvrir sur une terrasse à une altitude, tandis qu’un autre niveau retrouve le jardin plus bas ou plus haut.
La pente peut ainsi produire une maison dans laquelle la relation avec le sol se transforme au cours du parcours vertical.
Cette situation ne constitue pas automatiquement une qualité.
Elle devient architecturale lorsque les différences de niveau correspondent à l’organisation des espaces, aux usages et aux relations recherchées avec le site.
La topographie peut alors enrichir la manière d’habiter le terrain plutôt que simplement compliquer l’implantation de la maison.
3.6 — Accompagner le terrain ne signifie pas ignorer les conséquences constructives
Une implantation architecturalement intéressante doit rester confrontée à la réalité de sa construction.
Sur un terrain en pente, modifier les niveaux ou inscrire davantage la maison dans le relief peut avoir des conséquences sur les terrassements, les parties enterrées, les fondations et les soutènements.
Ces conséquences peuvent elles-mêmes modifier le coût.
Le choix ne peut donc pas être formulé de manière simpliste entre « respecter le terrain » et « le transformer ».
Il faut comprendre ce que chaque implantation produit spatialement, techniquement et financièrement.
Ces ouvrages doivent être définis techniquement et leur coût intégré à l’estimation du projet. Ce qui fait varier le coût de construction
La relation au relief doit être conçue en connaissant ses conséquences sur les ouvrages et sur le budget.
4 — Le jardin, le climat et les besoins
4.1 — La végétation peut devenir une composante du projet
Arbres, haies et masses végétales existantes ne sont pas nécessairement ce qui restera après la construction.
Lorsqu’ils présentent un intérêt et peuvent être conservés, ils peuvent participer à la conception.
Un arbre peut devenir un élément cadré depuis un espace intérieur. Une haie peut contribuer à préserver l’intimité. Une végétation importante peut participer à l’ombre ou donner une profondeur particulière au jardin.
La position de ces éléments peut également intervenir dans l’implantation ou dans le choix de certaines ouvertures.
La végétation devient alors une composante de la relation entre la maison et son site plutôt qu’un décor ajouté une fois le chantier terminé.
Cela ne signifie pas que tout élément végétal existant doive nécessairement être conservé : son état, sa position, les contraintes du projet et les éventuelles prescriptions applicables doivent être considérés.
4.2 — Le jardin n’est pas l’espace qui reste après avoir construit
Implanter une maison détermine simultanément où l’on construit et où l’on ne construit pas.
Cette seconde partie de la décision est essentielle.
Utiliser toute l’emprise disponible peut permettre de développer davantage de surface au sol, mais réduire fortement les espaces extérieurs.
À l’inverse, concentrer une partie du programme dans la hauteur peut parfois permettre de préserver davantage de jardin.
Maison traversée par la lumière illustre cette relation : la maison se développe sur plusieurs niveaux et le premier étage avance au-dessus du rez-de-chaussée, ce qui permet de développer davantage de surface en hauteur tout en préservant du terrain libre.
Cette logique ne constitue évidemment pas une règle générale.
Selon le programme, les règles d’urbanisme et la configuration de la parcelle, une maison davantage développée au sol peut au contraire être pertinente.
L’essentiel est de considérer simultanément la maison et les espaces extérieurs qu’elle produit par son implantation.
Terrasses, jardins, patios, accès et espaces plantés ne viennent donc pas nécessairement compléter après coup une maison déjà positionnée.
L’implantation dessine à la fois les espaces intérieurs de la parcelle et les espaces extérieurs qui permettront de l’habiter.
4.3 — Le climat local appartient aux données du site
Deux terrains de géométrie comparable peuvent être soumis à des conditions climatiques différentes.
Exposition au soleil, vents dominants, ombrage produit par le relief, la végétation ou les constructions voisines modifient les conditions auxquelles la maison sera exposée.
Ces données peuvent être prises en compte dans l’implantation, l’organisation des ouvertures et la relation avec les espaces extérieurs.
Une terrasse très exposée au vent ne se vit pas comme un espace protégé. Une façade ombragée par son environnement ne reçoit pas les mêmes apports qu’une façade dégagée de même orientation.
Le climat ne doit donc pas être considéré uniquement à travers des données générales.
L’architecture travaille avec un microclimat réel : celui de la parcelle et de son environnement immédiat.
4.4 — Favoriser la ventilation naturelle lorsque le projet le permet
La position des ouvertures peut également permettre certains mouvements d’air naturels.
Lorsque la configuration des espaces, les orientations et les conditions extérieures s’y prêtent, des ouvertures disposées sur plusieurs façades peuvent favoriser une ventilation traversante.
Cette possibilité doit cependant être appréciée en fonction du projet réel.
Une façade exposée au bruit, au vent ou à un voisinage proche ne peut pas nécessairement être ouverte uniquement pour obtenir une ventilation théorique.
De même, la ventilation naturelle ne remplace pas les dispositifs techniques nécessaires au renouvellement d’air de la maison.
Elle constitue une possibilité architecturale liée à l’organisation des espaces et aux conditions du site, qui peut contribuer au confort lorsque les circonstances le permettent.
Les systèmes de ventilation sont définis avec les réseaux et les équipements de la maison. Enveloppe, équipements et second œuvre
4.5 — La compacité est une donnée à arbitrer, pas une règle absolue
Une maison compacte développe généralement moins de surface d’enveloppe pour une même quantité d’espace intérieur qu’une maison très étirée ou fragmentée.
Cette caractéristique peut présenter un intérêt constructif, énergétique et économique.
Mais la compacité n’est pas le seul objectif d’un projet architectural.
Une maison plus développée peut permettre davantage de relations avec le jardin, offrir plusieurs orientations ou répondre plus précisément à une parcelle particulière.
À l’inverse, multiplier les volumes et les décrochés sans nécessité peut augmenter les surfaces de façade, les raccords constructifs et les points singuliers.
Le projet doit donc arbitrer entre plusieurs qualités.
La conception environnementale ne consiste pas à maximiser abstraitement la compacité, mais à rechercher une géométrie cohérente avec les usages, le site et les performances attendues.
Les conséquences constructives et économiques de la volumétrie sont développées dans les dossiers Construction et Budget.
4.6 — Réduire les besoins avant de choisir les équipements
Une approche environnementale cohérente ne commence pas par une liste d’équipements techniques.
Certaines décisions architecturales peuvent agir en amont sur les besoins de la maison.
Orientation et position des ouvertures peuvent organiser les apports solaires et la lumière naturelle.
Des protections adaptées peuvent limiter certaines surchauffes.
La compacité peut réduire les surfaces d’enveloppe.
La végétation peut participer à l’ombre et au microclimat.
L’organisation des espaces et des ouvertures peut, lorsque les conditions le permettent, favoriser certaines ventilations naturelles.
Ces décisions ne suffisent pas à déterminer la performance finale du bâtiment.
Elles constituent une stratégie architecturale préalable que l’enveloppe, les matériaux, les équipements et la qualité de mise en œuvre devront ensuite prolonger.
Réduire les besoins par la conception et répondre aux besoins restants par la construction et les équipements sont donc deux étapes complémentaires.
5 — De la stratégie environnementale au projet
5.1 — De la conception bioclimatique à la performance réelle
La conception bioclimatique consiste à travailler avec les caractéristiques du site et du climat afin d’améliorer le comportement de la maison dès sa conception.
Orientation, implantation, ouvertures, protections solaires, compacité et relation avec la végétation peuvent participer à cette stratégie.
Mais une intention architecturale ne garantit pas, à elle seule, la performance de la maison construite.
Isolation, continuité de l’enveloppe, étanchéité à l’air, traitement des ponts thermiques, caractéristiques des menuiseries, ventilation, chauffage et qualité de mise en œuvre interviennent ensuite dans le comportement réel du bâtiment.
Cette frontière est fondamentale dans l’organisation du site :
L’orientation, les volumes et les ouvertures participent à la stratégie environnementale de la maison.
La performance obtenue dépend ensuite des ouvrages réalisés et de leur mise en œuvre. Construction durable et performance
Ainsi, une grande baie orientée favorablement peut appartenir à une stratégie solaire ; son comportement réel dépendra également du vitrage, de sa mise en œuvre et des protections effectivement réalisées.
5.2 — La technologie complète l’architecture, elle ne la remplace pas
Chauffage, ventilation, production d’eau chaude et autres équipements techniques jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement d’une maison contemporaine.
Mais leur efficacité ne rend pas indifférentes les décisions architecturales prises en amont.
Une maison très exposée au soleil sans protection ne pose pas la même question qu’une maison dont les ouvertures et les protections ont été pensées avec leur orientation.
De même, un éclairage naturel bien organisé ne remplace pas l’installation électrique, mais il modifie les conditions dans lesquelles celle-ci sera utilisée pendant la journée.
Il ne s’agit donc pas d’opposer architecture et technologie.
La conception architecturale travaille d’abord avec le site et cherche à limiter certains besoins ; les systèmes techniques répondent ensuite aux besoins qui subsistent et assurent les conditions de confort prévues.
5.3 — Concevoir avec l’environnement suppose des arbitrages
Les différentes données environnementales ne conduisent pas toujours à une même solution.
La meilleure orientation solaire peut ne pas correspondre à la vue la plus intéressante.
Une grande ouverture peut apporter davantage de lumière mais demander une protection solaire plus importante.
Préserver un arbre peut enrichir la relation au jardin tout en limitant certaines possibilités d’implantation.
Une maison très compacte peut réduire son enveloppe mais offrir moins de relations directes avec le terrain.
La conception ne consiste donc pas à appliquer séparément une solution optimale à chaque critère.
Elle doit rechercher une cohérence entre soleil, lumière, vues, topographie, végétation, usages, architecture, construction et budget.
Concevoir avec l’environnement, c’est précisément arbitrer entre ces données pour produire une réponse adaptée à ce site particulier.
5.4 — Une solution environnementale peut aussi être une solution architecturale
Les décisions environnementales les plus intéressantes ne prennent pas nécessairement la forme d’éléments ajoutés à la maison.
Une avancée de volume peut participer à la composition architecturale tout en créant de l’ombre.
Un patio peut apporter de la lumière, offrir un espace extérieur protégé et participer à certaines relations entre les espaces.
Une implantation dans la pente peut construire des accès au terrain à plusieurs niveaux tout en limitant certaines transformations du relief.
Une végétation conservée peut cadrer une vue, protéger l’intimité et participer à l’ombrage.
Dans ces situations, architecture et environnement ne produisent pas deux réponses séparées.
Une même décision participe simultanément à l’espace, à l’usage, à l’expression de la maison et à sa relation avec le site.
5.5 — Des maisons qui répondent à leur site
Les réalisations permettent de comprendre pourquoi travailler avec le site ne conduit pas à reproduire une même architecture.
Une maison implantée dans une forte pente doit construire une relation particulière entre ses niveaux et le terrain.
Une parcelle d’angle offre plusieurs orientations et plusieurs relations possibles avec les rues et le jardin.
Une maison située dans un environnement urbain dense peut rechercher la lumière et l’intimité dans des directions très précises.
Une maison implantée dans un environnement largement végétalisé peut au contraire construire davantage de relations avec le paysage et les éléments existants.
Les fiches projets montrent ces situations sans permettre d’en déduire une recette applicable à d’autres terrains.
Des sites différents produisent des questions différentes ; l’architecture construit pour chacun une réponse particulière.
5.6 — De l’environnement à l’architecture
Le site fournit des données :
orientation + soleil + climat + topographie + vues + voisinage + végétation.
La conception les met en relation avec :
programme + usages + réglementation.
Ces relations participent alors à définir :
implantation + niveaux + volumes + ouvertures + protections + relations avec l’extérieur.
Cette architecture devra ensuite être confrontée :
aux études techniques + aux solutions constructives + au budget.
Il ne s’agit pas d’une succession mécanique. Une décision concernant une ouverture peut conduire à reconsidérer une protection solaire ; une modification d’implantation peut changer une vue et la relation avec la pente ; une donnée technique peut conduire à revoir certains niveaux.
La logique générale reste néanmoins claire :
le site ne produit pas automatiquement l’architecture ; il fournit des données que la conception interprète et met en relation.
5.7 — Architecture et environnement : concevoir avant de compenser
Une démarche environnementale cohérente commence donc dès les premières décisions architecturales.
Avant de chercher à compenser par des équipements, le projet peut examiner ce que permettent l’implantation, l’orientation, la géométrie de la maison, ses ouvertures, ses protections et son environnement végétal.
Cela ne signifie pas que l’architecture puisse supprimer tous les besoins énergétiques ni garantir seule le confort.
Cela signifie qu’elle peut éviter de créer inutilement certains besoins que la technique devrait ensuite corriger.
Concevoir avant de compenser consiste à utiliser d’abord les possibilités du site et de l’architecture, puis à compléter cette stratégie par une construction et des équipements adaptés.
C’est exactement à cette frontière que Construction durable et performance de la maison prend le relais.
5.8 — De l’architecture du site à la construction
Cette page clôt le parcours Architecture de la maison en établissant la relation entre la maison et son environnement.
L’architecture de la maison met en relation les espaces, les usages et le lieu.
La démarche de l’architecte donne une cohérence à ces relations.
Les termes « moderne » et « contemporaine » décrivent des notions différentes.
Une maison d’architecte répond à un programme et à un terrain particuliers.
La qualité de la maison s’apprécie aussi à travers l’expérience de ses espaces intérieurs.
La relation au site relie cette expérience intérieure au lieu dans lequel la maison est construite.
Le passage vers Construction & Maison peut alors s’effectuer clairement :
l’architecture définit une stratégie adaptée au site ; la construction doit lui donner une réalité matérielle et une performance effective.
Pour approfondir
Terrain et type de maison : du cadre réglementaire aux possibilités architecturales
Comprendre comment géométrie, topographie, accès, orientation et enveloppe constructible permettent d’identifier les grandes configurations de maison envisageables avant la conception proprement dite.
→ Terrain et type de maison : du cadre réglementaire aux possibilités architecturales
Habiter une architecture
Comprendre comment lumière, vues, intimité, parcours et relations avec l’extérieur sont ensuite perçus et vécus depuis les espaces de la maison.
Construction durable et performance de la maison
Comprendre comment enveloppe, isolation, étanchéité à l’air, menuiseries, ventilation, chauffage, matériaux et qualité de mise en œuvre transforment les intentions environnementales en performance construite.
Qu’est-ce qu’une maison d’architecte ?
Comprendre comment site, usages, espaces, construction et contraintes sont mis en relation et arbitrés dans une conception architecturale d’ensemble.
Pour poursuivre votre lecture
Page précédente
Habiter une architecture
Retour au pilier
Architecture de la maison
Jean-Jacques Le Quilleuc, architecte DPLG à Boulogne-Billancourt.
Vous avez un projet de maison, d’extension ou de surélévation dans l’ouest parisien ? Échangeons sur votre terrain, votre programme et votre budget.