Réalisation · Maison construite

MAISON AVEC TOIT-JARDIN

Paris

Le projet

Construite sur une parcelle urbaine de seulement 36 m², cette maison de ville contemporaine développe le programme familial sur trois niveaux et prolonge l’usage de la maison jusqu’à sa toiture. La faible surface du terrain conduit à rechercher l’essentiel de la surface habitable dans la hauteur. La pièce de vie reste au rez-de-chaussée ; deux chambres et une salle d’eau occupent le premier étage ; le niveau supérieur accueille la chambre parentale avec sa salle de bains, un local technique et un petit balcon-terrasse.

CONSTRUIRE UNE MAISON FAMILIALE SUR UNE PARCELLE DE 36 M²

La première particularité de cette réalisation est la dimension du terrain. Avec seulement 36 m² de parcelle, le rapport entre programme et emprise disponible est très différent de celui d’une maison implantée sur un terrain plus important. La surface cadastrale ne permet pas, à elle seule, de déterminer la maison qui peut y prendre place.

Dans cette réalisation, le programme familial ne peut pas être réparti principalement au niveau du sol. Le développement vertical devient donc une donnée fondamentale du projet. Mais cette situation ne signifie pas qu’une parcelle de 36 m² produirait nécessairement cette maison. La dimension du terrain crée une condition ; le programme, les règles applicables et la conception déterminent la réponse particulière qui lui est apportée.

Le rez-de-chaussée accueille la principale pièce de vie sur une emprise extrêmement réduite.

DÉVELOPPER LE PROGRAMME DANS LA HAUTEUR SANS MULTIPLIER LES NIVEAUX

La faible surface disponible au sol conduit naturellement à rechercher une partie importante du programme dans les étages. Le projet reste néanmoins organisé sur trois niveaux habitables. Cette relative simplicité est importante. La verticalité n’est pas utilisée pour multiplier les demi-niveaux ou produire une organisation complexe. Elle permet au contraire d’attribuer une fonction principale à chaque étage.

Le rez-de-chaussée appartient à la vie commune. Le premier étage accueille les enfants. Le niveau supérieur est davantage réservé aux parents. La hauteur permet donc d’accueillir le programme tout en donnant à la maison une organisation immédiatement compréhensible.

GARDER LA PIÈCE DE VIE AU REZ-DE-CHAUSSÉE

Malgré la petite taille du terrain, le rez-de-chaussée ne devient pas un simple niveau d’entrée ou de distribution permettant de rejoindre les étages. Il accueille la principale pièce de vie. Cette décision maintient la vie commune au niveau le plus directement accessible de la maison, tandis que les fonctions plus privées sont progressivement reportées dans les étages.

La façade accompagne cette hiérarchie. Une grande baie horizontale correspond au niveau de vie et lui apporte une ouverture plus généreuse que les percements situés au-dessus. La grande ouverture n’est ainsi pas distribuée indépendamment de l’organisation intérieure. Elle rend visible en façade la place particulière que le rez-de-chaussée occupe dans la vie de la maison.

Deux chambres et une salle d’eau composent le niveau intermédiaire consacré aux enfants.

ORGANISER L’INTIMITÉ À MESURE QUE L’ON MONTE

Les deux niveaux supérieurs accueillent les espaces privés. Au premier étage, deux chambres partagent une salle d’eau. Les espaces des enfants sont ainsi regroupés sur un même niveau. Au-dessus, la chambre parentale et sa salle de bains occupent le dernier étage habitable, avec le local technique.

La verticalité ne répond donc pas uniquement au manque de surface disponible au sol. Elle devient également un moyen d’organiser les degrés d’intimité. Plus on monte, plus les espaces appartiennent à la sphère privée. Une nécessité liée à la petite parcelle devient ainsi une ressource pour hiérarchiser le programme familial.

PROLONGER LA CHAMBRE PARENTALE PAR UN BALCON-TERRASSE

Au dernier niveau, la chambre parentale bénéficie d’un petit balcon-terrasse. Ses dimensions restent mesurées. Il ne constitue pas le principal espace extérieur de la maison, mais donne directement à la chambre une relation avec l’extérieur. Le retrait nécessaire à sa création produit simultanément un effet sur la volumétrie.

Le dernier niveau acquiert davantage de profondeur et se distingue des étages situés au-dessous. Cette relation est caractéristique d’une conception dans laquelle un dispositif ne répond pas à une fonction isolée. Le balcon est simultanément un espace à habiter et une composante de la volumétrie de la maison.

Le niveau parental se prolonge par un petit balcon-terrasse créé par le retrait du volume supérieur.

TRANSFORMER LE TOIT EN ESPACE EXTÉRIEUR

Sur une parcelle de 36 m², la surface extérieure disponible au niveau du terrain est nécessairement limitée. La toiture représente alors une autre possibilité. Le projet la transforme en terrasse haute végétalisée. Cette disposition permet de créer un espace extérieur supplémentaire sans augmenter l’emprise au sol de la construction.

Cet extérieur ne possède pas la même relation à la maison que le petit balcon du niveau parental. Le balcon appartient directement à une chambre. Le toit-jardin constitue un espace supplémentaire situé au sommet du parcours vertical. La maison ne réserve donc pas sa relation avec l’extérieur au seul niveau du terrain : elle la reconstruit à différentes hauteurs.

ASSOCIER TOIT-JARDIN ET PRODUCTION SOLAIRE

La toiture accueille également des panneaux solaires intégrés au système énergétique de la maison. Le chauffage associe une production au gaz et un apport solaire. La toiture remplit donc simultanément plusieurs fonctions : couverture de la construction, espace extérieur végétalisé et support d’équipements solaires.

Cette superposition prend une importance particulière sur une parcelle de 36 m². Une même surface répond à plusieurs besoins sans demander davantage de terrain. Il faut cependant distinguer les fonctions. Le toit-jardin appartient à l’usage et à l’architecture de la maison. Les panneaux solaires appartiennent au système technique et énergétique.

Leur présence commune sur la toiture ne signifie pas qu’ils remplissent le même rôle. La conception les coordonne sur une surface commune ; leurs fonctions restent distinctes.

Grande baie, ouvertures verticales et retrait supérieur traduisent l’organisation des différents niveaux.

UNE FAÇADE QUI TRADUIT L’ORGANISATION VERTICALE

La façade ne reproduit pas le même dessin à chaque étage. Au rez-de-chaussée, la grande baie horizontale correspond à la principale pièce de vie. Aux niveaux des chambres, les percements deviennent plus contenus. Une longue baie verticale introduit un autre rythme et accentue la perception de la hauteur de la construction.

Au dernier niveau, le retrait associé au balcon-terrasse donne davantage de profondeur au couronnement. L’expression extérieure n’est donc pas un dessin autonome appliqué à une distribution intérieure. Plans, usages, ouvertures et volumétrie participent ensemble à la composition de la façade.

CONSTRUIRE UNE TOITURE À LA FOIS ACCESSIBLE, VÉGÉTALISÉE ET ÉQUIPÉE

La multiplication des fonctions attribuées à la toiture possède nécessairement une réalité constructive. Une toiture doit d’abord assurer la protection du bâtiment. Lorsqu’elle devient accessible, elle doit également recevoir les dispositions correspondant à cet usage. La végétalisation ajoute ses propres composants.

Les panneaux solaires doivent parallèlement être implantés et intégrés à cet ensemble. Le principe que le projet permet réellement d’établir est néanmoins clair : plusieurs usages et fonctions se rencontrent sur la toiture ; leur réalisation doit donc être techniquement coordonnée pour que l’ensemble conserve les fonctions attendues de l’enveloppe. Pour approfondir : concevoir une toiture végétalisée et sa gestion de l’eau.

TOIT VÉGÉTALISÉ ET SOLAIRE : DES DISPOSITIFS À REPLACER DANS LA PERFORMANCE GLOBALE

La toiture végétalisée et les panneaux solaires constituent deux caractéristiques environnementales identifiables de cette réalisation. Ils n’ont cependant pas la même fonction. Leur présence ne suffit pas, à elle seule, à caractériser la performance globale du bâtiment. Celle-ci dépend également de l’enveloppe, de l’isolation, des ouvertures, des équipements et de la qualité de leur mise en œuvre.

Le toit-jardin et les panneaux solaires répondent à des fonctions distinctes, que la conception coordonne sur une même surface.

DES CHOIX ARCHITECTURAUX AUX INCIDENCES CONSTRUCTIVES ET BUDGÉTAIRES

Le coût de cette maison ne peut pas être expliqué par sa seule surface habitable ni par la petite dimension de sa parcelle. Plusieurs caractéristiques du projet correspondent à des ouvrages ou à des prestations identifiables. L’organisation sur trois niveaux correspond notamment à plusieurs planchers, à un escalier et à une structure adaptée à cette disposition verticale.

Le retrait du dernier niveau crée le balcon-terrasse et modifie localement la géométrie de l’enveloppe. La toiture possède plusieurs fonctions : elle doit assurer son rôle de couverture tout en devenant accessible, végétalisée et capable d’accueillir les équipements solaires. Les panneaux solaires appartiennent eux-mêmes au système énergétique de la maison.

La petite parcelle produit d’abord certaines conditions de projet. Cela permet également d’éviter une autre erreur : considérer que le toit-jardin représente un « supplément architectural » indépendant. Il appartient à la conception même de cette maison puisqu’il restitue, dans la hauteur, une possibilité d’espace extérieur particulièrement précieuse sur une parcelle de seulement 36 m². L’incidence économique d’un choix doit donc être mise en relation avec ce qu’il apporte réellement au projet.

DEUX PARCELLES DE 36 M² PEUVENT PRODUIRE DEUX MAISONS DIFFÉRENTES

La réalisation « Maison sur petite parcelle » permet de comparer deux réponses architecturales à une même superficie de terrain : elle est construite, elle aussi, sur une parcelle de 36 m². La superficie du terrain est donc identique. Pourtant, les deux projets ne produisent pas la même maison.

Ici, le programme familial trouve sa place sur trois niveaux habitables. Le rez-de-chaussée reste consacré à la pièce de vie. Les chambres des enfants occupent le premier étage. Le niveau parental prend place au-dessus. Enfin, la toiture complète les espaces disponibles par un toit-jardin.

Cette comparaison permet de vérifier une causalité importante : 36 m² de terrain ≠ une typologie automatique de maison. Il faut considérer simultanément : surface et géométrie du terrain, règles applicables, programme, usages, possibilités de développement dans la hauteur et choix architecturaux.

La dimension réduite du terrain constitue une donnée forte. Elle ne détermine pourtant pas seule la réponse. Deux terrains de même surface peuvent ainsi produire des architectures profondément différentes lorsque les autres données du projet diffèrent.

UNE MAISON OÙ CHAQUE HAUTEUR ACQUIERT UN RÔLE

La cohérence de cette maison apparaît lorsque son organisation est lue depuis le rez-de-chaussée jusqu’au toit. La très petite parcelle conduit à développer le programme verticalement. Mais la hauteur n’est pas utilisée comme une simple accumulation de surfaces. Chaque niveau acquiert un rôle particulier.

Au rez-de-chaussée, la pièce de vie constitue le cœur commun de la maison. Au premier étage, les chambres des enfants forment un niveau identifiable. Plus haut, la chambre parentale bénéficie d’une situation plus intime et d’un petit balcon-terrasse. Enfin, la toiture ajoute un espace extérieur végétalisé et accueille parallèlement les panneaux solaires.

La façade accompagne cette organisation par des ouvertures et des retraits différents selon les niveaux. Le projet ne cherche donc pas simplement à faire entrer le maximum de fonctions sur le minimum de terrain. Il utilise la hauteur pour donner une place distincte aux usages, aux espaces extérieurs et aux fonctions techniques, jusqu’à faire du toit une partie réellement active de la maison.

À RETENIR DE CE PROJET

Une très petite parcelle conduit à rechercher autrement la surface nécessaire. Sur ce terrain de 36 m², le programme familial se développe principalement dans la hauteur plutôt que par extension au sol. La verticalité peut organiser les usages autant qu’elle permet de gagner de la surface.

Vie commune, chambres des enfants puis espace parental se succèdent dans une progression du commun vers le plus intime. Les espaces extérieurs ne sont pas nécessairement limités au niveau du terrain. Un balcon prolonge la chambre parentale tandis que la toiture devient une terrasse végétalisée accessible.

Une même surface peut remplir plusieurs fonctions lorsqu’elles sont correctement coordonnées. La toiture protège la maison, accueille le toit-jardin et reçoit également les panneaux solaires. Les dispositifs environnementaux doivent être distingués de la performance globale. Toiture végétalisée et panneaux solaires sont des caractéristiques documentées du projet ; ils ne suffisent pas, à eux seuls, à déterminer la performance énergétique réelle de l’ensemble de la maison.

Le coût résulte des ouvrages réellement nécessaires, pas d’une étiquette comme « petite parcelle » ou « maison architecturale ». Développement vertical, planchers, escalier, balcon, toiture accessible et végétalisée ou équipements solaires correspondent à des ouvrages et prestations dont l’incidence doit être appréciée concrètement.

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