Cette maison contemporaine est construite sur un terrain en contrebas, dans un environnement urbain dense de première couronne parisienne.
Pour les principales pièces du rez-de-chaussée, le sud constitue la seule orientation possible. C’est pourtant également de ce côté qu’un immeuble de cinq niveaux, implanté en oblique, domine la parcelle et crée d’importantes vues plongeantes.
Le projet ne renonce pas à cette orientation. Il organise au contraire plusieurs filtres entre la maison et son environnement : terrasse en surplomb, bannes et mur-écran devant les pièces principales, terrasses plantées devant les chambres.
La configuration du terrain produit parallèlement des conséquences très concrètes sur les accès et la construction. L’accès automobile, l’entrée de la maison et l’accès utilisé pendant le chantier sont dissociés. Le garage est construit à proximité immédiate d’une maison voisine tandis que la présence d’eau au niveau du sous-sol habitable conduit à réaliser celui-ci en béton avec un cuvelage.
La maison répond ainsi à une double situation : rester largement ouverte au sud malgré un vis-à-vis dominant et construire, dans les parties basses du terrain, avec les contraintes réelles du voisinage et de l’eau.
Le terrain réunit deux situations apparemment contradictoires. En contrebas, au sein d’un tissu urbain dense, il est dominé au sud par un immeuble de cinq niveaux implanté en oblique. Or le sud est précisément l’orientation dont les principales pièces ont besoin pour bénéficier de la lumière, de l’ensoleillement et d’une relation directe avec l’extérieur.
Fermer cette façade pour supprimer le vis-à-vis aurait donc fait perdre l’une des principales qualités potentielles du terrain. Le projet choisit au contraire de conserver l’ouverture et de créer une épaisseur protectrice entre l’intérieur et le voisinage.
Au rez-de-chaussée, la terrasse du premier étage forme un premier écran horizontal ; des bannes peuvent prolonger cette protection et un mur-écran ferme davantage le côté le plus exposé. À l’étage, de grandes terrasses plantées installent un filtre végétal devant les chambres.
La configuration altimétrique du terrain permet parallèlement de dissocier l’accès automobile, l’entrée quotidienne et l’accès utilisé pendant le chantier. Dans les parties enterrées, la proximité d’une maison voisine intervient dans les conditions de réalisation du garage, tandis que la présence d’eau au niveau du sous-sol habitable conduit à prévoir des dispositions de protection adaptées.
Orientation, voisinage, intimité, accès et sous-sol ne constituent donc pas des sujets indépendants : ils se rencontrent dans l’organisation d’une même maison.
La maison prend place dans un terrain situé en contrebas des rues environnantes.
La parcelle reste largement végétalisée, mais son environnement bâti est dense et contrasté.
Des maisons individuelles se trouvent à faible distance. Au sud, un immeuble collectif de cinq niveaux occupe une position beaucoup plus dominante.
Cette différence d’échelle est immédiatement perceptible depuis le terrain.
L’immeuble surplombe une partie de la parcelle et crée des vues plongeantes vers les espaces extérieurs et la future maison.
La situation doit donc être comprise à plusieurs échelles :
terrain en contrebas
→ relations particulières avec les niveaux des rues
maisons voisines proches
→ proximité latérale
immeuble de cinq niveaux au sud
→ différence d’échelle + vues plongeantes.
Ces caractéristiques ne déterminent pas encore l’architecture.
Elles établissent en revanche les relations avec lesquelles le projet doit travailler.
Le terrain n’est pas seulement entouré de constructions : il occupe une position plus basse dans un environnement dont les différentes hauteurs modifient directement les vues et l’intimité.
La maison s’inscrit dans un tissu urbain dense tout en conservant une relation directe avec les espaces plantés.
La position du terrain entre plusieurs niveaux permet d’organiser des accès différents selon les usages.
Depuis la partie haute, la rue dessert le garage. Un escalier permet ensuite de rejoindre la maison.
Ce parcours correspond notamment à l’arrivée quotidienne lorsque les occupants utilisent leur voiture.
Mais l’entrée principale n’est pas placée au même endroit.
Elle prend place latéralement, sur la façade est.
Cette position résulte directement du plan : installer l’entrée au sud aurait interrompu la continuité des principales pièces développées le long de cette façade.
Un troisième accès intervient pendant la construction.
Un passage débouchant sur la rue basse permet au chantier d’atteindre directement la partie inférieure du terrain.
Les trois accès correspondent ainsi à des usages distincts :
rue haute
→ garage + arrivée automobile
façade est
→ entrée quotidienne
rue basse
→ accès utilisé pour le chantier.
Ces trois parcours ne répondent pas aux mêmes besoins.
La configuration altimétrique du terrain permet ainsi de dissocier l’usage quotidien de la maison des conditions matérielles nécessaires à sa construction.
→ Préparer la construction et le chantier d’une maison
Pour les principales pièces du rez-de-chaussée, le sud constitue la seule orientation réellement disponible. C’est pourtant également de ce côté que l’immeuble de cinq niveaux domine le terrain et crée des vues plongeantes.
Le projet refuse l’alternative entre fermer la façade et subir le vis-à-vis. Il maintient les grandes ouvertures et construit l’intimité devant elles.
La terrasse du premier étage avance au-dessus du rez-de-chaussée et forme une première protection horizontale contre les vues provenant des niveaux supérieurs. Des bannes peuvent prolonger cet écran devant la terrasse et les baies. Du côté le plus exposé, un mur-écran ferme certaines directions de vue.
La façade sud reste ainsi largement ouverte : la protection n’est pas obtenue par sa fermeture, mais par l’épaisseur architecturale créée entre les espaces intérieurs et l’immeuble voisin.
→ Architecture, site et environnement
La terrasse en surplomb et les plantations créent une épaisseur protectrice devant les grandes ouvertures au sud.
La nécessité de profiter du sud intervient directement dans l’organisation du plan. Cuisine, séjour et chambre se développent en enfilade le long de cette façade afin de bénéficier de la lumière et des ouvertures disponibles.
Une entrée placée au centre aurait interrompu cette succession de pièces et occupé une partie de l’orientation la plus précieuse du terrain. Elle est donc reportée latéralement sur la façade est.
Sa position n’est pas une décision indépendante du reste du plan : elle permet de réserver le sud aux espaces pour lesquels la lumière et la relation avec l’extérieur constituent une qualité essentielle, tout en préservant leur continuité.
Le plan du rez-de-chaussée montre l’enfilade des principales pièces au sud et le report de l’entrée sur le côté est.
L’escalier participe à la continuité intérieure tout en restant visuellement léger.
Le vis-à-vis avec l’immeuble ne demande pas la même réponse à tous les niveaux.
Au rez-de-chaussée, les principales pièces doivent rester largement ouvertes vers les terrasses et l’extérieur. Leur protection repose donc sur des dispositifs architecturaux et mobiles : terrasse en surplomb, bannes et mur-écran.
À l’étage, les chambres réclament davantage d’intimité. De grandes terrasses plantées prennent place devant elles et la végétation crée une épaisseur supplémentaire entre les espaces privés et leur environnement.
La maison n’applique donc pas une protection uniforme contre le voisinage. Elle adapte la nature et le degré du filtre aux usages situés derrière lui : dispositifs plus ouverts et modulables devant les pièces de vie, profondeur végétale devant les chambres.
Le plan de l’étage regroupe les chambres derrière les terrasses qui constituent un filtre supplémentaire avec le voisinage.

Une seconde vue montre le traitement ouvert de la circulation verticale.
Les terrasses ne constituent pas ici de simples surfaces extérieures ajoutées devant les façades.
Elles prennent place précisément dans la relation entre les espaces intérieurs et le voisinage.
Au rez-de-chaussée, la terrasse permet aux principales pièces de rester largement ouvertes vers le sud.
Au-dessus, la terrasse du premier étage joue simultanément plusieurs rôles : elle constitue un espace extérieur pour l’étage et son avancée protège les espaces situés plus bas.
Les plantations ajoutent une autre profondeur devant les chambres.
Les terrasses deviennent ainsi une succession d’espaces intermédiaires :
intérieur
→ grande baie
→ terrasse
→ protection / végétation
→ environnement urbain.
Cette profondeur évite une relation brutale entre une façade vitrée et le vis-à-vis.
La limite de la maison n’est plus seulement la surface du vitrage : elle s’étend jusqu’aux dispositifs qui permettent d’habiter l’extérieur tout en maîtrisant les relations avec le voisinage.
Les dispositifs placés devant la façade sud répondent d’abord au vis-à-vis, mais certains agissent également sur l’exposition solaire des grandes surfaces vitrées.
Le surplomb de la terrasse crée un débord devant les ouvertures du rez-de-chaussée. Les bannes permettent de prolonger ponctuellement cet ombrage lorsqu’elles sont déployées. Ces mêmes éléments contribuent en parallèle à limiter ou moduler certaines vues depuis l’immeuble voisin.
Cette superposition de fonctions est cohérente avec une façade que le projet souhaite maintenir largement ouverte au sud. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de caractériser la performance thermique globale de la maison, qui dépend aussi de l’enveloppe, des vitrages, des équipements et de leur mise en œuvre.
Le projet montre surtout comment les questions d’intimité et d’exposition solaire peuvent trouver certaines réponses dans les mêmes dispositifs architecturaux.
→ Conception bioclimatique : soleil, lumière et confort d’été
La maison se trouve dans un environnement où plusieurs échelles bâties se rencontrent.
Les maisons individuelles voisines créent une proximité latérale.
L’immeuble collectif situé au sud introduit une autre relation : celle d’un bâtiment beaucoup plus haut capable de regarder par-dessus les limites habituelles entre parcelles.
La conception doit donc travailler simultanément l’ouverture au sud et la protection de l’intimité : conserver la lumière et la relation avec l’extérieur tout en maîtrisant les vues plongeantes depuis l’immeuble voisin.
Les terrasses, la végétation et les protections mobiles participent à cet équilibre sans refermer les espaces de vie sur eux-mêmes.
La maison ne cherche donc pas à s’isoler de son environnement urbain.
Elle organise plutôt différentes distances avec lui :
maisons voisines proches
→ relation latérale
immeuble dominant
→ protection contre les vues plongeantes
sud
→ maintien des principales ouvertures
terrasses + écrans + végétation
→ épaisseur intermédiaire entre intérieur et environnement.
L’architecture répond ainsi moins à une volonté de fermeture qu’à la nécessité de choisir et de maîtriser les relations que la maison entretient avec les constructions qui l’entourent.
La présence d’eau au niveau des parties enterrées constitue une donnée particulière de cette opération ; elle n’est pas une conséquence automatique de la seule présence d’un sous-sol.
Les conditions rencontrées ont conduit à prévoir un cuvelage dans les zones concernées. Cette solution répond donc à la combinaison entre les niveaux du projet, les caractéristiques du terrain et la présence d’eau effectivement établie.
Un sous-sol n’implique pas systématiquement un cuvelage. Le choix du dispositif dépend des données propres à chaque opération et des études correspondantes.
→ Fondations et structure de la maison
Le plan du sous-sol situe les espaces enterrés concernés par les dispositions de protection contre l’eau.
Le terrassement met en évidence l’importance des ouvrages enterrés dans la partie basse du terrain.
La construction du niveau inférieur doit également composer avec la proximité immédiate de la maison voisine. Cette situation est peu perceptible dans l’architecture achevée, mais elle modifie les conditions de réalisation de certains ouvrages.
Les terrassements, le garage et les parties enterrées sont exécutés dans un espace contraint, au voisinage direct de l’existant. Le chantier doit donc intégrer cette proximité dans son organisation et dans la réalisation des ouvrages concernés.
Le voisinage agit ainsi de deux manières différentes sur le projet : architecturalement, par les vues plongeantes de l’immeuble sur la maison et ses extérieurs ; constructivement, par la proximité physique du bâti existant lors de l’exécution des parties enterrées.
La réalisation des ouvrages enterrés intervient dans un espace contraint, à proximité immédiate des constructions voisines.
Le coût de cette maison ne s’explique ni par sa seule surface habitable ni par le fait qu’elle comporte un étage. Plusieurs caractéristiques correspondent à des ouvrages ou à des conditions de réalisation identifiables.
Le sous-sol et le garage nécessitent des terrassements et des ouvrages enterrés, réalisés ici à proximité immédiate d’une construction voisine. La présence d’eau conduit à mettre en œuvre les dispositions de protection définies pour les parties concernées, notamment le cuvelage.
Les grandes ouvertures, les terrasses et les protections mobiles constituent également des prestations effectivement réalisées.
L’incidence économique doit donc être rattachée à ces ouvrages et à leurs conditions d’exécution, plutôt qu’à un coefficient général de « maison complexe ». Le coût résulte de ce qu’il faut réellement construire et des contraintes concrètes dans lesquelles ces travaux doivent être menés.
→ Ce qui fait varier le coût de construction d’une maison
→ Points de vigilance budgétaire pour une maison avec architecte
La cohérence du projet tient d’abord à une contradiction assumée : le sud est la meilleure orientation disponible pour les espaces de vie, mais c’est aussi le côté exposé aux vues plongeantes d’un immeuble voisin de cinq niveaux.
Plutôt que de fermer la façade, la maison conserve ses grandes ouvertures. Terrasses, végétation, bannes et mur-écran introduisent plusieurs degrés de protection et permettent de préserver simultanément lumière, relation avec l’extérieur et intimité.
Cette logique se prolonge dans le plan : l’entrée est déplacée vers l’est afin de laisser la façade sud aux principales pièces. À l’étage, les terrasses plantées donnent aux chambres un filtre plus profond et plus végétal.
Dans les parties basses du terrain, les contraintes changent de nature. La proximité de la construction voisine influence les conditions de réalisation du garage et des ouvrages enterrés ; la présence d’eau conduit à prévoir un cuvelage dans les zones concernées.
La maison résulte ainsi d’une mise en relation très concrète entre orientation, voisinage, intimité, organisation des espaces, terrain et conditions de construction.
L’orientation favorable et le voisinage peuvent entrer en contradiction.
Le sud constitue ici la principale orientation possible pour les espaces de vie, mais il correspond également au côté exposé aux vues plongeantes d’un immeuble voisin.
Préserver l’intimité ne signifie pas nécessairement fermer la maison.
Le projet conserve les grandes ouvertures et travaille avec terrasses, végétation et protections mobiles pour moduler les relations avec le voisinage.
Une même façade répond à plusieurs enjeux.
Elle doit apporter de la lumière, ouvrir les espaces vers l’extérieur, tenir compte du soleil et protéger l’intimité.
Le voisinage possède également une conséquence constructive.
La proximité de la maison voisine intervient dans les conditions de réalisation du garage et des parties enterrées.
La présence d’eau demande une réponse propre au terrain et au projet.
Un cuvelage est réalisé dans les zones concernées ; cette disposition ne constitue pas une solution systématique pour toute maison comportant un sous-sol.
Le coût résulte des ouvrages réellement nécessaires.
Sous-sol, parties enterrées, cuvelage, grandes ouvertures, terrasses, protections et conditions particulières de chantier correspondent à des prestations identifiables.
Une autre réponse à la question de l’intimité en milieu urbain : ici, les filtres sont disposés devant les façades ; dans la maison à patio, l’espace extérieur protégé est introduit au cœur de l’organisation.
Article précédent
Maison contemporaine en gradins sur un terrain en pente
Article suivant
Maison adossée à la pente
Retour aux réalisations
Maisons contemporaines
Nos informations
Téléphone : 06 67 68 66 79
Mail : info@lequilleuc.com
Adresse : 117 avenue Victor Hugo,
Formulaire de contact
Nos informations
Téléphone : 06 67 68 66 79
Mail : info@lequilleuc.com
Adresse : 117 avenue Victor Hugo,
Formulaire de contact