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Réalisation · Maison construite

MAISON SUR LOT ARRIÈRE

Le projet

Construite sur un lot arrière issu d’une division parcellaire, cette maison contemporaine prend place en cœur d’îlot, à l’écart de la rue. On y accède par un passage latéral. Une fois à l’intérieur de la parcelle, la maison se tourne principalement vers son jardin. Au rez-de-chaussée, cuisine, salle à manger et salon composent un espace largement ouvert sur l’extérieur. L’escalier, visible dès l’entrée, conduit vers une mezzanine tandis qu’un vide sur séjour et une grande baie verticale mettent les deux premiers niveaux en relation.

HABITER EN SECOND RANG, AU CŒUR DE L’ÎLOT

Un lot arrière est une parcelle située derrière une première propriété et qui ne possède donc pas la même relation directe avec la rue qu’un terrain disposant d’une façade principale sur celle-ci. Ici, la maison est desservie par un passage latéral relativement étroit. Cette configuration modifie la manière d’aborder la parcelle.

La rue constitue le point d’accès, mais elle n’est plus l’environnement immédiat autour duquel la maison s’organise. Une fois le passage franchi, ce sont davantage le jardin, les limites de la parcelle et les constructions qui entourent le cœur d’îlot qui constituent son contexte direct. La position particulière du terrain devient ainsi la première donnée de l’architecture. Pour approfondir : construire sur un terrain issu d’une division.

Le croquis permet de comprendre l’implantation de la maison en second rang et son organisation à l’intérieur de la parcelle.

Le plan du rez-de-chaussée montre l’organisation des espaces de vie et leur relation avec le jardin.

FAIRE DU JARDIN LE PRINCIPAL EXTÉRIEUR DE LA MAISON

L’absence de relation directe avec la rue modifie la hiérarchie des espaces extérieurs. Le jardin devient l’un des principaux prolongements de la maison. Les espaces communs du rez-de-chaussée sont largement tournés vers lui. Cuisine, salle à manger et salon appartiennent à un même ensemble dont les ouvertures établissent une relation directe avec l’extérieur.

Le jardin n’est donc pas simplement la partie non construite qui subsiste autour de la maison. Ce qui pourrait apparaître d’abord comme une contrainte — ne pas disposer d’une façade principale directement sur rue — conduit ainsi à construire autrement la relation de la maison avec son terrain.

RÉUNIR CUISINE, SALLE À MANGER ET SALON AUTOUR DU JARDIN

Au rez-de-chaussée, cuisine, salle à manger et salon composent un espace de vie largement continu. Cette organisation permet aux regards et aux déplacements de se prolonger entre les différents usages. Mais surtout, elle permet à la relation avec le jardin de ne pas appartenir à une seule pièce.

Les ouvertures et les perspectives vers l’extérieur participent à la perception de l’ensemble du niveau. La continuité spatiale met ainsi en relation : cuisine + salle à manger + salon, perspectives intérieures et jardin. L’espace de vie ne s’organise donc pas seulement à partir de la juxtaposition des fonctions. Il est construit autour de leurs relations réciproques et de leur ouverture commune vers l’extérieur.

L’espace de vie se développe en relation avec le jardin au cœur de l’îlot.

La façade rend perceptible le développement de la maison dans la hauteur.

DÉCOUVRIR LA HAUTEUR DE LA MAISON DÈS L’ENTRÉE

L’entrée ne constitue pas un espace fermé avant la découverte de la maison. Dès l’arrivée, l’escalier est visible et participe à la perception du volume intérieur. Cette disposition donne immédiatement une profondeur verticale au parcours. On ne découvre pas seulement le rez-de-chaussée : la présence de l’escalier annonce les niveaux supérieurs et la manière dont ils participent à l’organisation générale.

L’escalier n’est donc pas seulement l’équipement qui permet de monter. Sa position participe à la manière dont la maison est découverte et comprise.

OUVRIR LE SÉJOUR DANS LA HAUTEUR

Une partie du plancher au-dessus du séjour laisse place à un vide. Le volume du rez-de-chaussée se prolonge ainsi verticalement vers le niveau supérieur. Depuis le bas, le regard peut monter. Depuis la mezzanine, il peut revenir vers les espaces de vie. La superposition des étages est donc partiellement interrompue par une relation spatiale entre les niveaux.

Le vide produit simultanément : davantage de hauteur, relation visuelle entre les niveaux, perception plus ample du séjour et continuité verticale de la maison. Une partie de la surface potentielle de plancher est ainsi transformée en volume. Ce choix montre que la qualité d’un espace ne dépend pas uniquement du nombre de mètres carrés disponibles : elle dépend également de ses proportions, de sa hauteur et des relations qu’il établit avec les espaces voisins.

FAIRE DE LA MEZZANINE UN ESPACE ENTRE DEUX NIVEAUX

La mezzanine borde le grand volume du séjour. Elle appartient au niveau supérieur tout en conservant une relation directe avec le rez-de-chaussée. Cette position lui donne un statut particulier. Elle n’est ni complètement intégrée aux espaces communs situés en bas, ni totalement séparée d’eux comme le serait une pièce fermée à l’étage.

La mezzanine participe ainsi à une organisation dans laquelle la hauteur différencie les espaces sans nécessairement les isoler.

Le plan de l’étage 1 complète la lecture de l’organisation verticale et des relations entre les niveaux.

ACCOMPAGNER LE GRAND VOLUME PAR UNE BAIE VERTICALE

Une grande baie verticale accompagne le volume du séjour dans la hauteur. Ses proportions correspondent à la dimension verticale de l’espace intérieur. L’ouverture intervient ainsi dans plusieurs relations à la fois. Elle apporte de la lumière au grand volume, établit une relation avec le jardin et accompagne visuellement la continuité entre les niveaux.

Depuis l’extérieur, sa verticalité participe également à rendre perceptible l’organisation du volume situé derrière la façade. hauteur relation entre les niveaux relation avec l’extérieur. L’ouverture n’est donc pas un élément indépendant ajouté à la façade. Sa géométrie répond directement à l’espace qu’elle éclaire et qu’elle met en relation avec le jardin.

Le dernier niveau regroupe les espaces les plus intimes de la maison.

ORGANISER PROGRESSIVEMENT L’INTIMITÉ DANS LA HAUTEUR

Le développement vertical ne sert pas uniquement à répartir la surface de la maison. Il organise également les différents degrés d’intimité. Le rez-de-chaussée appartient à la vie commune et à sa relation avec le jardin. Au niveau intermédiaire prennent place les chambres des enfants ainsi qu’un bureau.

Plus haut, la suite parentale occupe l’attique et bénéficie de sa propre terrasse. À mesure que l’on monte, les espaces deviennent plus privés. La hauteur constitue ainsi simultanément une organisation fonctionnelle et une hiérarchie de l’intimité.

PLACER LA SUITE PARENTALE EN ATTIQUE

Le dernier niveau se distingue des étages situés au-dessous. La suite parentale prend place dans un attique, c’est-à-dire un niveau supérieur en retrait par rapport à une partie des façades inférieures. Ce retrait permet de différencier le couronnement de la maison et de libérer une grande terrasse directement associée aux espaces des parents.

terrasse privative modification de la volumétrie extérieure. Organisation intérieure et volumétrie ne constituent donc pas deux décisions séparées. Le niveau le plus intime de la maison est également celui qui se retire le plus dans son volume.

La partie haute de la maison se distingue des niveaux inférieurs et participe à la volumétrie générale.

PASSER DES RÈGLES DE PROSPECT À UNE VOLUMÉTRIE ÉTAGÉE

La situation en cœur d’îlot ne modifie pas seulement la relation de la maison avec la rue et le jardin. Elle intervient également dans les conditions réglementaires de son développement en hauteur. Les règles applicables à la parcelle imposent de considérer distances, hauteurs et prospects par rapport aux limites et à l’environnement bâti. Les retraits successifs du volume participent à l’inscription de la maison dans ce cadre.

Il faut distinguer deux niveaux. La réglementation détermine les limites à respecter. L’architecture décide ensuite comment organiser le programme et les espaces à l’intérieur de ces possibilités. La règle ne dessine pas seule la maison. Mais la forme finale ne peut pas être comprise indépendamment du cadre dans lequel elle a dû prendre place.

Le chantier montre comment les volumes de la maison prennent place dans la parcelle en second rang.

UNE VOLUMÉTRIE QUI SE RETIRE À MESURE QUE LA MAISON MONTE

La maison ne se présente pas comme la superposition de trois volumes identiques. Son développement évolue avec les niveaux. Le rez-de-chaussée établit la relation principale avec le jardin. Le niveau intermédiaire accueille les chambres des enfants et le bureau. Plus haut, le niveau parental se met en retrait et libère sa terrasse.

La forme extérieure rend ainsi perceptibles plusieurs données déjà présentes dans le projet : répartition des usages, hiérarchie de l’intimité, terrasse et conditions réglementaires du développement en hauteur.

LE VIDE, LA MEZZANINE ET LA GRANDE BAIE ONT AUSSI UNE RÉALITÉ CONSTRUCTIVE

Les dispositifs qui construisent la qualité spatiale de la maison correspondent également à des ouvrages précis. Le vide sur séjour interrompt une partie du plancher intermédiaire. La mezzanine se développe en bordure de ce grand volume et doit appartenir à une organisation porteuse cohérente.

La grande baie verticale accompagne la hauteur du séjour. Ses dimensions doivent être intégrées à la façade, à la structure qui l’entoure et aux différents composants de l’enveloppe. Les solutions précises dépendent des études et des dispositions constructives effectivement retenues pour ces ouvrages.

UN LOT ARRIÈRE MODIFIE AUSSI LES CONDITIONS DU CHANTIER

Le passage latéral qui permet d’accéder à la maison constitue une caractéristique essentielle de la parcelle. Pendant la conception, cet accès organise la relation entre la rue et le terrain situé en second rang. Pendant la construction, la même donnée acquiert une autre signification : les personnes, les matériaux et les moyens nécessaires au chantier doivent eux aussi pouvoir rejoindre la parcelle.

Un passage relativement étroit peut modifier les conditions de livraison, de manutention, de stockage ou les dimensions des engins utilisables. L’accessibilité constitue ainsi une donnée à examiner très tôt lorsqu’une maison doit être construite en second rang.

La construction en lot arrière impose d’organiser les interventions et les approvisionnements depuis un accès plus contraint.

DES CHOIX ARCHITECTURAUX AUX CONSÉQUENCES CONSTRUCTIVES ET BUDGÉTAIRES

Le coût de cette maison ne peut pas être déduit de sa seule surface. Plusieurs de ses caractéristiques correspondent à des ouvrages ou à des conditions de réalisation particulières. Le développement sur plusieurs niveaux implique planchers, escalier et organisation structurelle correspondante.

Le vide sur séjour interrompt une partie du plancher. La mezzanine borde ce grand volume. La grande baie verticale constitue une menuiserie de dimensions importantes dont l’intégration concerne à la fois la façade, la structure et l’enveloppe. L’attique et sa terrasse modifient la géométrie du niveau supérieur et les ouvrages d’enveloppe qui lui correspondent.

Enfin, la situation en lot arrière et son passage latéral peuvent avoir des conséquences sur les conditions matérielles du chantier. Il ne s’agit pas d’attribuer un « surcoût » général au lot arrière ou à l’architecture de la maison. Il faut identifier les conséquences réelles de chaque disposition.

LUMIÈRE, JARDIN ET CONFORT DANS UN CŒUR D’ÎLOT

La situation en second rang donne au jardin une place particulièrement importante dans la relation de la maison avec son environnement. Les espaces de vie s’ouvrent largement vers lui. La grande baie verticale agit parallèlement dans la hauteur du séjour : elle apporte de la lumière au grand volume tout en maintenant la relation avec l’extérieur.

profondeur des vues relation intérieur-extérieur perception verticale du volume. L’orientation exacte des différentes ouvertures et les dispositifs éventuels de protection solaire doivent être appréciés à partir des dispositions effectivement réalisées ; ils ne peuvent pas être déduits de la seule situation en cœur d’îlot.

Le principe architectural reste cependant clair : la lumière et le jardin participent ensemble à la manière dont les espaces du rez-de-chaussée et le grand volume sont vécus.

UNE MAISON ORGANISÉE ENTRE PROFONDEUR DE LA PARCELLE ET HAUTEUR DES ESPACES

Deux mouvements donnent finalement sa cohérence à cette maison. Le premier est horizontal. Depuis la rue, un passage latéral conduit vers une parcelle située en second rang. Une fois au cœur de l’îlot, la maison se détourne de la logique d’une façade principale sur rue et développe sa relation avec le jardin.

Le second est vertical. Dès l’entrée, l’escalier rend perceptibles les niveaux supérieurs. Le séjour se développe en hauteur par le vide. La mezzanine maintient la relation entre les deux premiers niveaux et la grande baie verticale accompagne cette organisation. Plus haut, les usages deviennent progressivement plus intimes : chambres des enfants et bureau, puis suite parentale en attique avec sa terrasse.

Les retraits successifs accompagnent parallèlement le développement du volume dans les conditions réglementaires applicables. La situation particulière du terrain et l’organisation intérieure ne produisent donc pas deux histoires différentes : elles se rencontrent dans une maison qui se développe à la fois dans la profondeur de l’îlot et dans la hauteur.

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MAISON LOFT

Deux manières d’habiter le cœur d’îlot : ici, une construction neuve en lot arrière s’organise à partir du passage latéral, du jardin et des relations verticales ; dans la maison loft, la transformation d’annexes existantes produit une autre relation entre accès contraint, profondeur de parcelle et espaces intérieurs.

Maison loft

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