Réalisation · Maison construite
Sur une petite parcelle présentant près de six mètres de dénivelé, la maison s’étage face au sud et à la vallée. Les retraits successifs libèrent des terrasses qui prolongent les pièces de vie. Le projet associe cette organisation à des soutènements importants et à un chantier adapté aux restrictions d’accès.
Issue de la division d’un terrain plus vaste, la parcelle est trapézoïdale et bordée par des voies sur trois côtés. Près de six mètres séparent ses deux angles opposés. La maison est implantée au plus près des limites nord et est pour dégager le jardin au sud.
Même ainsi, le jardin ne dispose que de huit à douze mètres de profondeur. L’enjeu est de loger le programme tout en conservant de véritables espaces extérieurs sur ce terrain à la fois pentu et peu profond.
Terrain et type de maison : du cadre réglementaire aux possibilités architecturales
La coupe montre le dénivelé, l’inscription des niveaux dans la pente et leur relation au terrain naturel.
Le stationnement prend place en sous-sol pour préserver le terrain disponible. La pente permet d’y accéder par une descente relativement limitée : la rampe longe la maison et passe en partie sous la terrasse du rez-de-chaussée.
Dans le garage, l’espace ne permet pas de retourner facilement les véhicules. Une plateforme de rotation permet de ressortir en marche avant. Le sous-sol, la rampe et la terrasse sont ainsi conçus ensemble, en relation avec le relief.
La rampe rejoint le sous-sol en accompagnant directement la déclivité du terrain.
Le sud réunit l’ensoleillement recherché et les vues dégagées sur la vallée. Cuisine, salle à manger et salon se développent le long de cette façade, avec de grandes ouvertures vers le paysage.
L’entrée latérale et les fonctions de service regroupées à l’arrière préservent cette orientation pour les pièces communes. Leur succession permet de profiter du sud sans interrompre la continuité des espaces de vie.
Les terrasses prolongent les pièces à l’extérieur et compensent la faible profondeur du jardin. Cette relation avec le paysage se poursuit aux étages, jusqu’à la grande terrasse de la suite parentale au dernier niveau.
Les grandes ouvertures et les terrasses successives orientent les principales pièces vers le sud et les vues dégagées sur la vallée.
L’axonométrie blanche montre comment les retraits successifs libèrent des terrasses à plusieurs niveaux.
Le jardin au sud reste peu profond. Le projet crée donc d’autres espaces extérieurs à mesure qu’il s’élève : les retraits successifs des niveaux libèrent des terrasses.
Au rez-de-chaussée, une terrasse prolonge le salon ; une autre accompagne la cuisine et sa relation au jardin. Aux étages, les retraits se poursuivent jusqu’à la grande terrasse de la suite parentale, ouverte sur la vallée.
Chaque terrasse est directement liée aux pièces qu’elle prolonge. Les gradins permettent de retrouver dans la hauteur une partie des espaces à vivre qui manquent au sol, tout en maintenant les vues vers le paysage.
Cuisine, salle à manger et salon se succèdent le long de la façade sud. L’entrée est placée sur le côté pour préserver cette continuité et réserver l’orientation la plus favorable aux pièces de vie.
L’arrivée dans la maison dispose néanmoins d’un espace propre, proche du « débotté » : des rangements et un comptoir accueillent vêtements, sacs et objets du quotidien. Le bureau et le dressing prennent place à l’arrière, tandis que l’escalier et les commodités sont regroupés au nord-est.
L’entrée latérale préserve la continuité de la cuisine, de la salle à manger et du salon le long de la façade sud.
Cuisine, salle à manger et salon forment une séquence continue ouverte vers les terrasses et la vallée.
Le rez-de-chaussée réunit les espaces communs et les principales terrasses. L’étage intermédiaire accueille quatre chambres, dont trois au sud et une au nord, ainsi qu’une buanderie et les pièces de service. Le dernier niveau est réservé à la suite parentale, largement vitrée et prolongée par une grande terrasse sur la vallée.
Cette répartition accompagne les retraits successifs du bâtiment : les espaces deviennent plus intimes à mesure que l’on monte, tandis que les terrasses occupent les surfaces libérées. Un monte-personne anticipe l’accessibilité et l’évolution des usages.
Plan du sous-sol.
Plan du rez-de-chaussée.
Plan de l’étage 1.
Plan de l’étage 2.
Du séjour aux chambres, les vues intérieures montrent les espaces de chaque niveau : les pièces communes au rez-de-chaussée, les chambres à l’étage intermédiaire et la suite parentale au dernier étage.
Le séjour prolonge les pièces de vie vers l’extérieur.
Une autre vue des espaces de vie du rez-de-chaussée.
Une chambre de l’étage 1.
Une seconde chambre de l’étage 1.
La suite parentale au dernier niveau.
Une seconde vue de la suite parentale.
Les terrasses superposées prolongent les pièces vers le sud et créent des débords devant certaines baies. Lorsque le soleil est bas, son rayonnement peut pénétrer plus profondément ; lorsqu’il est haut, les avancées apportent davantage d’ombre aux vitrages concernés.
Ces débords participent à la maîtrise de l’exposition solaire. Le confort thermique dépend aussi des vitrages, de l’isolation, des équipements et de la qualité de leur mise en œuvre.
La salle de bains complète la suite parentale du dernier niveau.
La toiture en zinc à faible pente s’inscrit dans le gabarit réglementaire tout en restant peu perceptible depuis l’extérieur.
Pour cette opération, les hauteurs autorisées sont de neuf mètres au faîtage et de sept mètres à l’égout du toit. Le dernier niveau prend place dans ce gabarit grâce à une toiture en zinc à faible pente, associée à une partie cintrée à l’arrière.
Peu perceptible depuis l’extérieur, la toiture est accompagnée d’un bandeau périphérique qui renforce la lecture d’un volume presque parallélépipédique.
Les voies d’accès sont interdites aux véhicules de plus de 3,5 tonnes. Les camions habituels ne peuvent donc pas livrer le béton nécessaire aux importants ouvrages de structure.
Une petite centrale à béton est installée sur le terrain. Les matériaux sont livrés par des véhicules compatibles avec les restrictions, puis le béton est produit sur place. La nature des ouvrages reste la même, mais leur réalisation exige des moyens de chantier adaptés.
Les restrictions d’accès aux poids lourds ont conduit à installer une petite centrale à béton directement sur le chantier.
Au nord-est, le sous-sol et les parties enterrées s’engagent profondément dans la pente. Pendant les terrassements, les terres sont retenues par des voiles de soutènement réalisés par passes successives. Ces ouvrages atteignent localement près de six mètres de hauteur.
La structure en béton armé répond également aux grandes ouvertures de la façade sud, qui limitent les possibilités d’appui continu. Les études définissent la reprise et la transmission des charges en fonction de l’architecture du projet.
L’inscription de la maison dans la pente a nécessité des soutènements réalisés progressivement pendant les terrassements.
Drainage périphérique et dispositif sous dalle accompagnent les parties de la maison profondément inscrites dans le terrain.
Les venues d’eau rencontrées dans les parties enterrées nécessitent un drainage périphérique. Sous la dalle du sous-sol, un tapis drainant permet à l’eau de circuler vers l’aval au lieu de s’accumuler sous la construction.
Ces dispositions répondent aux conditions de cette opération. Elles dépendent des données du terrain et des niveaux enterrés ; elles ne constituent pas une solution à appliquer systématiquement à toute maison en pente.
Le coût ne dépend pas seulement de la surface de la maison. Les terrassements, les parties enterrées, les soutènements de près de six mètres et le drainage correspondent ici à des ouvrages importants. Les grandes menuiseries et les terrasses successives ont également leur incidence.
L’accès limité à 3,5 tonnes impose des approvisionnements fractionnés et la production du béton sur place. L’estimation doit intégrer ces ouvrages et ces moyens réels, plutôt qu’appliquer un coefficient général de « terrain difficile ».
Ce qui fait varier le coût de construction d’une maison
Points de vigilance budgétaire pour une maison avec architecte
La maison en gradins met en relation un terrain pentu et peu profond, le programme familial, le soleil et les vues sur la vallée. Les retraits des niveaux créent des terrasses ; l’entrée latérale préserve la continuité des pièces de vie au sud.
Cette architecture s’appuie sur des réponses constructives précises : soutènements, ouvrages enterrés et drainage. Les restrictions d’accès demandent une organisation particulière du chantier. Le projet est ainsi conçu dans son ensemble, de l’implantation à la construction.
Une autre réponse à une forte déclivité, où l’altitude et les lignes de vue conduisent à implanter la maison dans la partie haute et à placer les pièces de vie au niveau supérieur.
Une autre maison sur une forte pente, où environ 6,50 m de dénivelé et une hauteur limitée à 7 m par rapport au terrain naturel conduisent à ajuster précisément les niveaux de la construction au relief.
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