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Réalisation · Maison construite

MAISON INSÉRÉE DANS LE SITE

Le projet

Cette maison contemporaine est construite sur un terrain à forte pente, accessible depuis sa partie haute et présentant environ 6,50 m de dénivelé jusqu’au jardin. Une règle d’urbanisme intervient directement dans sa conception : la construction ne peut dépasser 7 m de hauteur en tout point par rapport au terrain naturel. Sur une parcelle dont les altitudes varient également transversalement, implantation, niveaux et volumétrie doivent donc être confrontés très précisément au relief.

ARRIVER PAR LE HAUT D’UN TERRAIN QUI DESCEND DE 6,50 M

La parcelle présente environ 6,50 m de différence d’altitude entre son accès et le jardin. L’arrivée s’effectue par la partie haute, tandis que le terrain varie également transversalement. Un même niveau de construction ne rencontre donc pas le terrain naturel de façon identique sur toutes les façades. Cette topographie intervient dans la position du garage, l’organisation des niveaux, les parties enterrées et les relations avec les espaces extérieurs.

La pente ne conduit pas simplement à construire une maison « à étages » : elle oblige à déterminer précisément à quelle altitude chaque partie de la construction rencontre le terrain.

La coupe confronte les niveaux de la maison aux altitudes du terrain naturel et au gabarit réglementaire.

CONFRONTER CHAQUE PARTIE DE LA MAISON À LA HAUTEUR DE 7 M

La topographie se combine ici avec une règle d’urbanisme déterminante : la construction ne peut dépasser 7 m de hauteur en tout point par rapport au terrain naturel. Comme cette référence varie avec la pente principale et les différences d’altitude transversales, la hauteur doit être vérifiée par rapport aux différentes altitudes rencontrées.

La règle ne dessine pas à elle seule la maison, mais elle impose de concevoir niveaux et volumétrie avec le relief réel. La coupe devient simultanément un outil de conception et de vérification réglementaire.

FAIRE APPARAÎTRE TROIS NIVEAUX SANS CONSTRUIRE UN R+2

L’adaptation de la maison au relief produit une situation particulièrement lisible côté jardin. Trois niveaux y deviennent perceptibles. Cette apparence pourrait laisser penser que la construction correspond à un R+2. Ce n’est pourtant pas sa situation réglementaire. Le niveau inférieur est partiellement engagé dans le terrain et considéré comme sous-sol. La maison reste ainsi réglementairement organisée en R+1 avec sous-sol.

Cette situation montre pourquoi le nombre de niveaux d’une maison construite dans une pente ne peut pas être compris uniquement à partir d’une photographie de façade. Il faut simultanément lire le terrain naturel, la coupe, les niveaux de plancher et les règles qui leur sont applicables.

Le garage prend place au niveau de l’arrivée située dans la partie haute du terrain.

PLACER LE GARAGE AU NIVEAU DE L’ARRIVÉE HAUTE

L’accès à la parcelle se trouve au point haut. Cette donnée fournit une position logique au stationnement. Le garage est installé à proximité du niveau d’arrivée plutôt que de demander aux véhicules de descendre davantage dans la parcelle puis de remonter. Cette disposition évite de dissocier artificiellement la position du garage de celle de l’accès.

Mais cette décision possède une conséquence plus large. Elle donne au niveau supérieur une fonction directement liée à l’accès tandis que les espaces habités peuvent être répartis plus bas en fonction de leurs propres relations avec le terrain et le jardin. L’organisation verticale du programme commence donc par la manière dont on arrive réellement sur la parcelle.

PLACER LES PIÈCES DE VIE À LA BONNE HAUTEUR ENTRE ACCÈS ET JARDIN

La position de la cuisine, de la salle à manger et du salon constitue un arbitrage central. Au niveau supérieur, les pièces de vie auraient été proches de l’arrivée mais sensiblement éloignées du jardin. Au niveau inférieur, elles auraient été davantage engagées dans la pente, avec des possibilités d’ouverture plus contraintes.

Le niveau intermédiaire offre un équilibre plus favorable : les espaces restent suffisamment dégagés pour bénéficier de lumière et de grandes ouvertures, tout en conservant une relation avec le jardin situé plus bas. Leur altitude résulte ainsi de la recherche de la meilleure relation possible entre relief, lumière, ouverture et usage du jardin.

DESCENDRE PROGRESSIVEMENT DES PIÈCES DE VIE VERS LE JARDIN

Choisir le niveau intermédiaire pour les espaces de vie ne supprime pas la différence d’altitude avec le jardin. Le projet doit donc construire cette relation. Les terrasses prolongent d’abord les pièces principales vers l’extérieur. Une demi-volée d’escalier poursuit ensuite le parcours jusqu’au niveau inférieur du terrain.

Cette succession évite de demander à une seule plateforme ou à un grand terrassement de résoudre toute la différence d’altitude. Elle donne également plusieurs positions intermédiaires depuis lesquelles le terrain peut être habité. La pente n’est donc pas effacée. Elle est transformée en parcours entre la maison et son jardin.

Cette disposition montre également que la relation intérieur-extérieur ne signifie pas nécessairement disposer toutes les pièces exactement au niveau du terrain. Sur une parcelle pentue, cette relation peut être construite progressivement par plusieurs espaces et plusieurs altitudes.

FAIRE DES ESCALIERS AUTRE CHOSE QU’UNE SIMPLE LIAISON ENTRE ÉTAGES

La pente impose de répartir le programme sur plusieurs altitudes. Cette organisation pourrait produire une maison composée d’étages fortement séparés. Le projet cherche au contraire à maintenir des relations entre eux. Le volume de l’entrée accompagne la hauteur intérieure et les escaliers en L participent à cette continuité.

Depuis certains points, le regard peut traverser plusieurs niveaux. Les circulations possèdent donc deux fonctions simultanées : franchir les différences d’altitude + maintenir des relations visuelles entre les niveaux. L’escalier ne constitue plus uniquement l’équipement permettant de passer d’un étage au suivant.

Sa position et le volume qui l’accompagne participent à la perception globale de la maison. La verticalité imposée par le terrain devient ainsi une dimension de l’espace intérieur plutôt qu’une simple contrainte distributive.

FAIRE DE LA COUPE LE PRINCIPE DE L’ARCHITECTURE

Dans cette maison, le plan ne suffit pas à expliquer l’organisation. C’est la coupe qui permet de comprendre simultanément l’accès haut, le garage, le niveau intermédiaire des pièces de vie, le niveau inférieur partiellement enterré, les terrasses et le jardin situé plus bas. Elle permet également de confronter chacune de ces positions au terrain naturel et à la hauteur réglementaire maximale de 7 m.

Cette organisation devient ensuite visible dans la volumétrie. Côté jardin, les trois niveaux perceptibles correspondent à la manière dont la construction se dégage progressivement du relief. Les terrasses accompagnent cette composition et créent des positions intermédiaires entre les volumes bâtis et le terrain.

La volumétrie n’est donc pas une forme appliquée à la pente : elle est l’expression extérieure de la manière dont les niveaux ont été inscrits dans celle-ci.

La structure rend visible la manière dont les niveaux de la maison accompagnent le relief.

STABILISER LE TERRAIN PENDANT LES TERRASSEMENTS

La pente qui organise l’architecture devient également déterminante au moment de construire. Une étude géotechnique spécifique a caractérisé le terrain et fourni les données nécessaires aux dispositions correspondantes. Dans les zones concernées, l’excavation ne pouvait pas être menée librement sur toute sa hauteur. Terrassements et soutènements ont donc progressé conjointement ; des tranchées blindées et une réalisation par passes ont notamment permis de maintenir les terres au fur et à mesure.

Ces dispositifs disparaissent en grande partie lorsque la maison est achevée, mais ils constituent une condition essentielle de sa réalisation.

DE LA PENTE AUX OUVRAGES À CONSTRUIRE

Les choix qui permettent à la maison de s’inscrire dans le terrain possèdent une réalité constructive. Le niveau inférieur partiellement enterré met directement certaines parties de la construction en relation avec le sol. Les différences d’altitude entre les niveaux se traduisent dans la structure et dans les ouvrages qui accompagnent la pente.

Les terrasses doivent également trouver leurs niveaux, leurs appuis et leurs relations avec la construction. Certains de leurs porte-à-faux font intervenir des ouvrages en béton armé. Les dispositifs qui construisent la relation architecturale avec le relief doivent donc également trouver leur traduction dans des ouvrages précisément définis et coordonnés.

GÉRER LES EAUX PLUVIALES VERS LA PARTIE BASSE DU TERRAIN

La pente intervient également dans le parcours naturel de l’eau sur la parcelle. Les eaux pluviales se dirigent vers l’aval. Un bassin de rétention est implanté dans cette partie basse afin de participer à leur gestion avant évacuation, selon le dispositif prévu pour cette réalisation. Cette disposition appartient aux équipements nécessaires au fonctionnement du terrain et de la maison.

La page Projet n’a pas vocation à développer les principes généraux de dimensionnement ou de gestion des eaux pluviales. Elle montre ici comment une caractéristique physique du site — la pente — intervient jusque dans la position d’un équipement extérieur.

La partie basse du terrain reçoit les ouvrages qui doivent tenir compte de l’écoulement vers l’aval.

LA PENTE A AUSSI DES INCIDENCES SUR LE COÛT DE CONSTRUCTION

Le coût de cette maison ne s’explique pas par le seul fait que le terrain soit « en pente ». Ce sont les conséquences concrètes de cette topographie qui correspondent à des ouvrages et à des conditions de réalisation particulières. Le développement des niveaux dans le relief, les parties partiellement enterrées, les terrassements, les soutènements progressifs, les tranchées blindées, les ouvrages structurels liés aux terrasses et les aménagements reliant les espaces de vie au jardin constituent autant de prestations identifiables.

Deux terrains présentant un dénivelé comparable peuvent demander des solutions très différentes. L’incidence financière vient donc des ouvrages et des moyens effectivement nécessaires pour construire cette maison, et non d’un coefficient abstrait appliqué à la pente.

UNE MAISON DESSINÉE AVEC LA PENTE ET LE GABARIT RÉGLEMENTAIRE

La singularité de cette maison vient de la rencontre entre environ 6,50 m de dénivelé et une hauteur maximale de 7 m à respecter en tout point par rapport au terrain naturel. L’arrivée haute donne sa position au garage. Plus bas, les pièces de vie occupent un niveau intermédiaire afin de rester ouvertes et lumineuses tout en conservant une relation avec le jardin. Le niveau inférieur s’engage davantage dans le terrain.

Côté jardin, cette organisation rend trois niveaux perceptibles, alors que la maison reste réglementairement en R+1 avec sous-sol. Terrasses et escaliers accompagnent progressivement la descente vers le terrain bas. La topographie réapparaît enfin au chantier : excavation, stabilité des terres, soutènements et gestion des eaux doivent être adaptés aux conditions du site.

La maison est ainsi insérée dans le site au sens littéral : sa coupe, ses niveaux, ses espaces extérieurs et certaines conditions essentielles de sa construction sont déterminés par la manière dont elle rencontre le terrain naturel.

Le chantier montre comment les niveaux de la maison sont construits avec les altitudes du terrain.

À RETENIR DE CE PROJET

La maison est organisée entre un accès haut et un jardin situé environ 6,50 m plus bas. Cette différence d’altitude rend la coupe déterminante dès les premières décisions du projet. La règle de hauteur doit être confrontée au terrain naturel. La construction ne peut dépasser 7 m en tout point ; les niveaux et la volumétrie sont donc ajustés aux différentes altitudes de la parcelle.

Trois niveaux peuvent être visibles sans que la maison soit réglementairement un R+2. Côté jardin, le niveau inférieur se dégage du relief, mais son caractère partiellement enterré permet de conserver une organisation réglementaire en R+1 avec sous-sol. Les pièces de vie occupent une position intermédiaire. Elles restent suffisamment dégagées pour bénéficier d’ouvertures et de lumière tout en conservant une relation avec le jardin situé plus bas.

La relation au jardin est construite dans la pente. Terrasses et demi-volée d’escalier accompagnent progressivement la différence d’altitude au lieu de chercher à l’effacer. La pente possède des conséquences constructives et économiques réelles. Terrassements, soutènements, tranchées blindées, parties enterrées et conditions particulières d’exécution correspondent à des ouvrages et prestations directement liés à cette réalisation.

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MAISON EN GRADINS

Une autre réponse à une forte pente : ici, le gabarit de 7 m impose un ajustement précis des niveaux au terrain naturel ; dans la maison en gradins, les retraits successifs construisent une autre relation entre relief, programme et terrasses.

Maison contemporaine en gradins sur un terrain en pente

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