PREMIÈRE APPROCHE D’UN PROJET DE MAISON AVEC UN ARCHITECTE
La première approche d’un projet de maison avec un architecte consiste à réunir les données nécessaires avant de commencer la conception : programme, caractéristiques du terrain, premières règles d’urbanisme, contraintes déjà connues et enveloppe financière.
Cette analyse permet de comprendre la situation de départ, de repérer les informations manquantes et d’identifier les vérifications ou études qui devront être engagées avant de prendre les décisions qui en dépendent.
À ce stade, il ne s’agit pas encore de dessiner la maison, mais de savoir sur quelles bases le projet peut commencer.
Un projet de maison commence avant les premiers plans.
Il faut d’abord comprendre ce que le maître d’ouvrage souhaite construire, comment il envisage de vivre dans la maison et quelles sont les caractéristiques du terrain sur lequel le projet prendra place.
Programme, parcelle, topographie, accès, environnement, premières données d’urbanisme, contraintes connues et enveloppe financière constituent cette matière initiale.
Toutes ces informations ne sont pas nécessairement connues avec le même degré de précision. Certaines sont déjà établies ; d’autres restent à vérifier ou nécessiteront une étude particulière.
L’objectif de cette première approche est donc de réunir des données suffisamment fiables pour savoir sur quelles bases le projet peut commencer et quelles questions restent encore à éclaircir.
DÉFINIR LE PROGRAMME DE LA MAISON
Le programme traduit les besoins et les attentes du maître d’ouvrage.
Il précise les pièces nécessaires, les premières surfaces envisagées et certains usages particuliers, mais il doit également exprimer la manière dont la maison devra être habitée.
Deux familles souhaitant une maison de même surface et comportant le même nombre de chambres peuvent avoir des attentes très différentes : cuisine ouverte ou séparée, chambre au rez-de-chaussée, espace de travail, indépendance des enfants, relation directe avec le jardin ou possibilité de recevoir régulièrement.
Le programme rassemble ces besoins sans déterminer encore la manière dont l’architecture les organisera.
LES PIÈCES ET LES PREMIÈRES SURFACES
Séjour, cuisine, chambres, salles de bains, bureau, rangements, locaux techniques, garage ou stationnement permettent d’établir une première répartition.
Ces surfaces constituent un point de départ, pas un plan.
Circulations, escaliers, épaisseurs de parois et espaces techniques devront également trouver leur place. La somme des surfaces attribuées aux pièces ne correspond donc pas directement à la surface totale de la future maison.
LES USAGES ET LES RELATIONS ENTRE LES ESPACES
Le programme doit aussi préciser les relations recherchées.
Souhaite-t-on une cuisine directement associée au séjour ? Une chambre indépendante au rez-de-chaussée ? Un bureau isolé ou, au contraire, lié aux espaces communs ? Les chambres des enfants doivent-elles être regroupées ? Certains espaces doivent-ils pouvoir évoluer avec le temps ?
Ces questions permettent de comprendre comment la maison devra fonctionner avant de décider comment ses espaces seront effectivement dessinés.
LES ATTENTES QUI DÉPASSENT LE PROGRAMME FONCTIONNEL
Certaines attentes ne correspondent ni à une pièce ni à une surface : disposer d’une lumière naturelle importante, préserver une vue, éviter un vis-à-vis, créer une relation forte avec le jardin, disposer d’un espace traversant ou rechercher davantage de hauteur dans certaines parties de la maison.
Elles doivent être exprimées dès le départ parce qu’elles pourront orienter la conception.
Leur traduction en espaces, volumes, parcours et ouvertures appartient ensuite au projet architectural.
COMPRENDRE LE TERRAIN ET SON CONTEXTE
Avant de chercher où placer la maison, il faut regarder le terrain tel qu’il existe.
Dimensions et géométrie de la parcelle, topographie, accès, orientation, constructions voisines, vues, végétation et éléments existants donnent une première compréhension du site.
Cette lecture ne produit pas encore une implantation. Elle permet d’identifier les caractéristiques avec lesquelles le projet devra travailler.
FORME ET DIMENSIONS DE LA PARCELLE
La surface cadastrale ne suffit pas à décrire un terrain.
Largeur, profondeur, géométrie et position des limites déterminent la forme réelle de la parcelle. Un terrain étroit et profond, une parcelle d’angle, un terrain en drapeau ou une géométrie irrégulière présentent des situations très différentes.
Constructions existantes, passages, servitudes ou accès peuvent également occuper certaines parties du terrain.
Ces données devront ensuite être confrontées aux règles d’urbanisme pour déterminer l’espace réellement disponible pour le projet.
TOPOGRAPHIE ET NIVEAUX
Un terrain apparemment simple peut présenter des différences de niveau importantes pour le projet.
Pente générale, ruptures de pente, points hauts et points bas, relation avec la rue et terrains voisins doivent être repérés.
Lorsque les niveaux deviennent déterminants pour l’étude, un relevé établi par un géomètre fournit les altimétries nécessaires.
La topographie pourra ensuite être confrontée à l’enveloppe constructible et au programme pour étudier l’implantation et l’organisation des niveaux de la maison.
ACCÈS ET RELATION AVEC LA RUE
La position de l’accès, sa largeur, sa pente et le niveau de la rue par rapport au terrain font partie des premières données à observer.
Elles pourront intervenir dans l’organisation future de l’entrée, du stationnement et des niveaux de la maison.
L’accès devra également être examiné ultérieurement sous un autre angle : celui des conditions matérielles nécessaires à la construction.
ORIENTATION, VUES ET VOISINAGE
L’orientation, les vues, les vis-à-vis et la position des constructions voisines permettent de comprendre les relations possibles entre la future maison et son environnement.
Une partie du terrain peut bénéficier d’une orientation favorable, une vue mériter d’être préservée ou un voisinage proche demander davantage de protection.
Ces observations constituent des données de départ.
C’est la conception architecturale qui déterminera ensuite comment la maison y répondra.
VÉGÉTATION ET CONSTRUCTIONS EXISTANTES
Arbres, haies, murs et constructions présentes sur la parcelle doivent également être identifiés.
Certains éléments peuvent contraindre le projet ; d’autres peuvent présenter un intérêt et participer à la relation future entre la maison et son terrain.
Il est donc préférable de les considérer avant de décider ce qui sera conservé, transformé ou supprimé.
→ Terrain et type de maison : du cadre réglementaire aux possibilités architecturales
REPÉRER LES PRINCIPALES RÈGLES D’URBANISME
La première approche doit permettre de repérer les règles susceptibles d’avoir une incidence majeure sur le projet.
Le PLU ou le PLUi peut notamment encadrer l’implantation de la construction, son emprise au sol, sa hauteur, les distances aux limites, la pleine terre, le stationnement ou certaines caractéristiques architecturales.
Des servitudes, protections, prescriptions particulières ou règles de lotissement peuvent également concerner la parcelle.
À ce stade, il ne s’agit pas encore de réaliser toute l’analyse réglementaire, mais de détecter une contrainte manifeste, une protection particulière ou une éventuelle incompatibilité entre le programme envisagé et les possibilités du terrain.
L’étape suivante consistera à analyser précisément ces règles et surtout leur combinaison afin de déterminer l’enveloppe constructible.
La première approche repère donc le cadre réglementaire ; AM2 en établit les conséquences précises pour le terrain.
IDENTIFIER CE QUI EST CONNU ET CE QUI RESTE À VÉRIFIER
Toutes les caractéristiques d’un terrain ne sont pas visibles lors d’une première visite.
Certaines informations peuvent déjà être disponibles ou certaines particularités connues : présence d’eau, remblais, anciennes carrières ou cavités, constructions existantes, servitudes ou données particulières concernant le sol et le sous-sol.
D’autres restent inconnues.
L’enjeu de cette première approche est précisément de distinguer ce que l’on sait, ce que l’on soupçonne et ce qui devra être vérifié.
La connaissance du sol en donne un bon exemple.
L’observation du terrain ne permet pas de déterminer la succession et les caractéristiques mécaniques des couches de sol, ni de définir les fondations de la future maison. Lorsque ces informations deviennent nécessaires, elles doivent être obtenues par les études appropriées.
Cette distinction évite deux erreurs : considérer comme certaine une contrainte qui ne l’est pas encore ou, au contraire, prendre une décision en supposant favorable une donnée qui reste inconnue.
Une inconnue identifiée n’est pas encore une contrainte technique définie : elle indique qu’une information devra être obtenue avant de prendre la décision qui en dépend.
CONNAÎTRE L’ENVELOPPE FINANCIÈRE DU PROJET
L’enveloppe financière doit être connue dès le début, même si le coût de la maison ne peut pas encore être déterminé précisément.
Elle est mise en regard du programme, de la surface envisagée et du niveau de prestations attendu afin de détecter un éventuel décalage manifeste entre les ambitions du projet et les moyens disponibles.
Les caractéristiques déjà connues du terrain doivent également inciter à la prudence lorsqu’elles sont susceptibles d’entraîner des conditions particulières de réalisation.
Une forte pente ou un accès très contraint, par exemple, signalent des questions qui devront être approfondies.
Il serait cependant prématuré d’attribuer à ces données un coût précis avant de connaître leurs conséquences réelles sur le projet.
À ce premier stade, l’enveloppe financière sert donc principalement à vérifier si le programme envisagé appartient à un ordre de grandeur compatible avec les moyens disponibles.
L’analyse budgétaire gagnera ensuite en précision à mesure que la maison, les études nécessaires et les ouvrages à réaliser seront mieux définis.
CE QUE PERMET LA PREMIÈRE APPROCHE DU PROJET
À l’issue de cette première analyse, le projet dispose d’un socle de départ :
– le programme et les principaux usages recherchés ; – les premières surfaces envisagées ; – les caractéristiques physiques et contextuelles du terrain ; – les premières données réglementaires ; – les informations déjà connues ; – les points qui restent à vérifier ; – l’enveloppe financière disponible.
Cette étape ne produit volontairement ni plan ni forme de maison.
Elle permet en revanche de savoir avec quelles données le projet peut commencer, quelles informations doivent encore être obtenues et quelles questions devront être traitées aux étapes suivantes.
Le premier approfondissement concerne le cadre réglementaire : les différentes règles applicables doivent maintenant être analysées ensemble pour déterminer l’enveloppe dans laquelle la construction pourra prendre place.
Puis cette enveloppe sera confrontée à la réalité physique du terrain avant que l’étude de faisabilité ne réunisse programme, terrain, réglementation, informations techniques disponibles et budget dans une première réponse architecturale.
La première approche ne conçoit donc pas encore la maison : elle prépare les données à partir desquelles sa conception pourra progressivement commencer.
→ Étude de faisabilité d’un projet de maison avec architecte
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