MAISON EN ZONE INONDABLE
Cette maison contemporaine est construite sur un terrain situé en zone inondable et soumis à un PPRI. Le risque d’inondation intervient dès la définition des niveaux de la maison, dans l’organisation du sous-sol et dans le traitement différencié de ses espaces.
Partiellement enterré, le sous-sol accueille le stationnement, des caves et des locaux techniques. Toutes ces parties ne répondent pas de la même manière à une éventuelle montée des eaux : les zones de stationnement peuvent recevoir l’eau dans les conditions prévues pour le projet, tandis que certains autres volumes sont protégés par cuvelage.
L’altimétrie résulte parallèlement d’un équilibre entre terrain naturel, niveau du rez-de-chaussée, profondeur du sous-sol et pente de la rampe automobile.
Au-dessus, une autre caractéristique du terrain intervient dans l’architecture : la parcelle étroite conduit à développer la maison dans sa longueur. Un patio latéral orienté au sud apporte alors lumière, vues et relation avec l’extérieur jusque dans la profondeur du plan.
Risque d’inondation, topographie, niveaux, accès, usages du sous-sol, géométrie de la parcelle et lumière deviennent ainsi les données d’une même conception.
Construire une maison en zone inondable ne consiste pas à ajouter après coup une protection contre l’eau. Ici, les prescriptions du PPRI interviennent dès le réglage des niveaux.
À l’emplacement de la maison, le terrain naturel se situe environ un mètre au-dessus du niveau de référence pris en compte pour le risque d’inondation. Cette donnée doit être conciliée avec l’altitude du rez-de-chaussée, la profondeur du sous-sol, la pente de la rampe automobile et la relation avec les espaces extérieurs.
Le sous-sol accueille plusieurs usages qui ne demandent pas tous le même comportement face à une éventuelle montée des eaux : les zones de stationnement peuvent recevoir l’eau dans les conditions prévues pour cette réalisation, tandis que certains autres volumes doivent rester protégés et bénéficient d’un cuvelage.
Au-dessus, la parcelle étroite produit une maison longitudinale entre rue et jardin. Un patio latéral au sud introduit lumière, vues et relation avec l’extérieur jusque dans la profondeur du plan.
La maison résulte ainsi de la rencontre entre deux logiques du terrain : l’une concerne l’eau et l’altimétrie ; l’autre, la géométrie de la parcelle et la manière d’habiter un plan profond.
CONSTRUIRE SUR UN TERRAIN SOUMIS À UN PPRI
Le terrain se situe dans une zone soumise à un Plan de prévention du risque inondation. Les prescriptions effectivement applicables doivent être confrontées aux caractéristiques réelles de la parcelle.
À l’emplacement retenu pour la maison, le terrain naturel se trouve environ un mètre au-dessus du niveau de référence pris en compte pour le risque d’inondation. Cette différence d’altitude est importante, mais niveau habitable, sous-sol, accès et espaces extérieurs doivent être réglés ensemble.
La réglementation fixe certaines conditions ; le projet les transforme en une organisation architecturale cohérente.
→ Règles d’urbanisme et construction d’une maison
Pour approfondir : Construire en zone inondable : règles, études et conception.
La maison est conçue en tenant compte du risque d’inondation, de l’altimétrie du terrain et de l’organisation de ses différents niveaux.
RÉGLER ENSEMBLE TERRAIN, REZ-DE-CHAUSSÉE ET SOUS-SOL
La position verticale de la maison résulte de plusieurs données qui ne peuvent pas être réglées séparément. Le terrain possède son altimétrie. Le rez-de-chaussée doit prendre place à un niveau compatible avec les prescriptions applicables et conserver une relation cohérente avec les espaces extérieurs.
Le sous-sol doit parallèlement disposer d’une hauteur correspondant à ses usages. Ces trois données produisent une coupe : terrain naturel niveau du rez-de-chaussée profondeur nécessaire au sous-sol ; position verticale de la maison. Modifier l’une d’elles peut avoir des conséquences sur les autres.
Descendre davantage le sous-sol augmente notamment la différence d’altitude à franchir pour y accéder. Relever le rez-de-chaussée modifie sa relation avec le terrain et le jardin. La coupe devient donc l’outil qui permet de concilier réglementation, topographie et usages plutôt que de traiter chaque niveau indépendamment.
INTÉGRER LA RAMPE AUTOMOBILE À CET ÉQUILIBRE ALTIMÉTRIQUE
L’accès automobile ajoute une contrainte supplémentaire à la coupe. La rampe rejoint le stationnement situé au sous-sol. D’après les données de cette réalisation, elle commence avec une pente de l’ordre de 5 %, puis atteint jusqu’à environ 18 % dans sa partie courante.
Sa géométrie dépend directement de la différence de niveau qu’elle doit franchir. Un sous-sol plus profond aurait augmenté cette différence. Une maison davantage surélevée aurait également modifié les conditions d’accès et la relation du rez-de-chaussée avec le terrain extérieur.
Ces données doivent donc être réglées ensemble : niveau du terrain niveau du rez-de-chaussée profondeur du sous-sol longueur disponible pour l’accès ; pente et géométrie de la rampe. La rampe n’est ainsi pas un équipement ajouté après la définition de la maison. Elle participe au réglage de sa coupe.
DIFFÉRENCIER LES ESPACES DU SOUS-SOL FACE À L’EAU
Le sous-sol partiellement enterré accueille stationnement, caves et locaux techniques. Dans le contexte du risque d’inondation, cette diversité d’usages devient une donnée de conception.
Les zones de stationnement ne sont pas conçues pour rester étanches dans toutes les situations : le dispositif prévu permet à l’eau d’entrer dans les parties concernées selon les conditions définies pour cette réalisation. D’autres volumes doivent au contraire rester protégés.
Le sous-sol n’est donc pas traité comme un volume homogène. L’usage de chaque espace et le comportement attendu face à l’eau conduisent à des réponses différentes, dont le fonctionnement précis et le dimensionnement relèvent des études du projet.
Le sous-sol regroupe plusieurs usages dont le comportement face à une éventuelle montée des eaux n’est pas identique.
PROTÉGER D’AUTRES VOLUMES PAR CUVELAGE
Les parties du sous-sol qui doivent rester protégées bénéficient d’un cuvelage correspondant aux dispositions retenues pour cette maison. Le même niveau enterré associe donc deux réponses différentes : zones pouvant recevoir l’eau tandis que volumes devant rester protégés. Cette différence montre qu’un sous-sol confronté au risque d’inondation ne reçoit pas nécessairement une réponse uniforme sur toute sa surface.
Usage des locaux, altimétrie, présence possible d’eau et données techniques doivent être mis en relation pour déterminer les dispositions adaptées. La réponse constructive découle ici de la fonction réelle de chaque partie du sous-sol et des conditions définies pour le projet.
DÉVELOPPER LA MAISON DANS LA LONGUEUR DE LA PARCELLE
Au-dessus du sous-sol, une autre caractéristique du terrain devient déterminante. La parcelle est relativement étroite. La maison se développe donc principalement dans sa longueur, entre la rue et le jardin.
Cette organisation permet d’inscrire le programme dans la largeur disponible, mais elle produit une profondeur importante. La question architecturale change alors de nature. Il ne s’agit plus de savoir comment le projet répond à l’eau, mais : comment donner de la lumière, des vues et une relation avec l’extérieur aux espaces situés dans la profondeur d’une maison longitudinale ?
La géométrie du terrain produit ainsi une organisation générale ; cette organisation fait apparaître une nouvelle question architecturale. parcelle étroite ; maison longitudinale ; plan profond ; besoin d’apports de lumière et d’ouvertures intermédiaires.
La faible largeur de la parcelle conduit à développer la maison principalement dans sa longueur.
OUVRIR LE CŒUR DU PLAN PAR UN PATIO AU SUD
Le patio prend place latéralement, sur la façade sud. Sa position répond directement à la profondeur du plan. Au lieu de dépendre uniquement des ouvertures situées aux deux extrémités de la maison, certains espaces disposent ainsi d’une relation supplémentaire avec l’extérieur.
Le patio apporte de la lumière naturelle au cœur du plan et introduit une nouvelle direction pour les vues. Le regard n’est plus seulement orienté suivant l’axe longitudinal entre rue et jardin. Il peut également s’ouvrir latéralement vers le sud.
Le dispositif peut être compris ainsi : plan longitudinal + profondeur importante ; patio latéral au sud ; lumière + vues + relation intermédiaire avec l’extérieur. Le patio n’est donc pas ici une forme ajoutée à la maison. Il répond à une conséquence spatiale précise de sa géométrie.
Le plan du rez-de-chaussée montre le développement longitudinal de la maison et l’ouverture latérale créée par le patio au sud.
Le patio latéral au sud introduit lumière, vues et relation avec l’extérieur au cœur du plan.
HABITER ENTRE LA RUE, LE PATIO ET LE JARDIN
La maison longitudinale entretient plusieurs relations avec l’extérieur : la rue à une extrémité, le jardin à l’autre et, entre les deux, le patio ouvert au sud.
Les espaces intérieurs peuvent ainsi se tourner vers le jardin, vers le patio ou vers plusieurs directions à la fois. Cette disposition évite qu’un plan profond ne devienne une simple succession de pièces dépendant exclusivement des façades avant et arrière.
Le patio introduit une respiration dans la longueur et enrichit le parcours entre rue et jardin.
La seconde vue 3D montre les relations entre les espaces intérieurs, le patio et le jardin.
DE LA CONTRAINTE HYDRAULIQUE AUX OUVRAGES À CONSTRUIRE
Les dispositions qui permettent à cette maison de répondre au risque d’inondation possèdent une réalité constructive. Le réglage altimétrique détermine d’abord la position des ouvrages par rapport au terrain. Le sous-sol crée ensuite des parties enterrées ou semi-enterrées qui doivent être conçues avec les conditions d’eau établies pour le projet.
Toutes les zones ne reçoivent cependant pas la même réponse. Les parties destinées au stationnement peuvent recevoir l’eau dans les conditions prévues pour cette réalisation, tandis que certains autres volumes sont protégés par cuvelage. Ces dispositions doivent ensuite être coordonnées avec la structure, les accès, les réseaux et les autres ouvrages du sous-sol.
Le dispositif peut être compris ainsi : risque et données du terrain ; comportement attendu des différents espaces ; dispositions constructives adaptées ; ouvrages effectivement réalisés. Le classement en zone inondable ne permet donc pas, à lui seul, de déduire la solution constructive applicable à un projet. Celle-ci dépend des prescriptions effectivement applicables, des caractéristiques du terrain, des usages prévus et des études nécessaires.
RISQUE D’INONDATION, SOUS-SOL ET COÛT DE CONSTRUCTION
Le classement du terrain en zone inondable ne permet pas, à lui seul, de déterminer un surcoût forfaitaire. L’incidence économique vient des conséquences réelles de cette situation sur le projet.
Le réglage précis des niveaux, le sous-sol partiellement enterré, la rampe automobile, les dispositions permettant à certaines zones de recevoir l’eau et le cuvelage des volumes devant rester protégés constituent ici des ouvrages ou prestations identifiables.
Le risque est connu avant que toutes ses conséquences financières soient précisément définies. À mesure que les études précisent la situation et que les solutions sont arrêtées, l’incertitude se transforme en ouvrages identifiables puis chiffrables : c’est précisément un point de vigilance budgétaire.
→ Points de vigilance budgétaire pour une maison avec architecte
LUMIÈRE, ORIENTATION ET CONFORT DANS UN PLAN LONGITUDINAL
La réponse au risque d’inondation n’épuise pas les questions environnementales du projet. Au-dessus du sous-sol, la maison doit d’abord offrir des espaces agréables à habiter malgré la profondeur produite par la parcelle étroite. Le patio orienté au sud joue ici un rôle important.
Il permet à la lumière naturelle d’atteindre des espaces qui dépendraient autrement davantage des façades situées aux extrémités du plan. Son orientation intervient également dans les apports solaires qu’il peut recevoir. Cette donnée doit être considérée avec les caractéristiques des ouvertures et les conditions de confort recherchées.
La stratégie environnementale commence ainsi dans l’organisation même de la maison : géométrie du terrain ; profondeur du plan ; patio au sud ; lumière naturelle + relation avec l’extérieur + apports solaires. La performance globale dépend ensuite des caractéristiques de l’enveloppe, des menuiseries, des équipements et de leur mise en œuvre.
→ Conception bioclimatique : soleil, lumière et confort d’été
UNE MAISON OÙ DEUX LOGIQUES DU TERRAIN SE RENCONTRENT
Cette maison peut finalement être comprise à partir de deux caractéristiques très différentes de son terrain. La première concerne l’eau et l’altimétrie. Le PPRI et les niveaux de référence participent au réglage de la maison.
Le sous-sol, sa profondeur et sa rampe doivent être conciliés avec le terrain et le rez-de-chaussée. À l’intérieur de ce niveau enterré, les usages conduisent ensuite à distinguer les zones pouvant recevoir l’eau de celles qui doivent rester protégées. La seconde concerne la géométrie de la parcelle.
Sa faible largeur conduit à développer la maison longitudinalement entre rue et jardin. Cette profondeur fait apparaître un besoin de lumière et d’ouverture intermédiaire auquel répond le patio latéral au sud. Ces deux logiques ne produisent pas deux projets indépendants.
Elles se rencontrent dans une même maison : PPRI + topographie ; altimétrie altimétrie + sous-sol + rampe ; coupe usages du sous-sol + présence possible d’eau ; réponses différenciées parcelle étroite ; développement longitudinal profondeur du plan + orientation sud ; patio patio ; lumière + vues + relation avec l’extérieur. Le projet transforme ainsi des données réglementaires, physiques et fonctionnelles en niveaux, espaces, ouvertures et ouvrages appartenant à une même architecture.
À RETENIR DE CE PROJET
Le risque d’inondation intervient dès la conception des niveaux. Le PPRI n’est pas une contrainte ajoutée après le dessin de la maison : ses prescriptions sont mises en relation avec le terrain naturel, le rez-de-chaussée et le sous-sol. L’altimétrie résulte de plusieurs données simultanées.
Terrain, niveau habitable, profondeur du sous-sol et pente de la rampe automobile doivent être conciliés dans une même coupe. Les usages du sous-sol conduisent à des réponses différentes face à l’eau. Dans cette maison, les zones de stationnement peuvent recevoir l’eau dans les conditions prévues, tandis que certains autres volumes sont protégés par cuvelage.
La parcelle étroite produit une maison longitudinale. Le programme se développe principalement entre rue et jardin, ce qui augmente la profondeur du plan. Le patio sud répond à cette profondeur.
Il introduit lumière, vues et relation avec l’extérieur au cœur de la maison sans devenir un dispositif indépendant de son organisation. Le coût dépend des conséquences réelles du risque sur les ouvrages. Sous-sol, rampe, cuvelage et autres dispositions particulières correspondent à des prestations identifiables ; le seul classement en zone inondable ne permet pas de déterminer un surcoût forfaitaire.
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Une autre réalisation soumise à un PPRI : dans les deux projets, le risque d’inondation intervient dans le réglage des niveaux et du sous-sol, mais la coupe et les usages conduisent à deux réponses architecturales différentes.
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